19.04.2014
L'aviation turque bombarde le Kurdistan irakien: 2 blessés
2012-08-25 11:13:07
Yazdir

L’aviation turque a bombardé dans la nuit de vendredi à samedi les villages kurdes du Kurdistan irakien, blessant deux civils et causant d’importants dégâts matériels.

Les bombardements visant les villages de Silê et de Surede, dans la région de Qandil, ont commencé à 1h30 et ont duré trente minutes, selon des sources locales.

7 000 poulets péris

Salih Mohammed, habitant du village de Silê, et Ali Bapir, de Surede, ont été blessés légèrement, tandis que la ferme de poulets du premier a été entièrement détruite.

7 000 (sept mille) poulets et de nombreux moutons ont péri dans les bombardements, a rapporté un journaliste sur place de l’agence de presse kurde Firat. D’autres fermes et maisons appartenant aux villageois ont subi d’importants dégâts matériels.

L’aviation turque vise souvent les habitations civiles au Kurdistan irakien sous prétexte de lutter contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mouvement armé et populaire kurde. 

Bombardements quotidiens

Les bombardements de l’aviation ou de l’artillerie sont presque quotidiens, notamment depuis 17 aout 2011, contre les zones sous contrôle du PKK où se trouvent également des centaines de villages, loin des bases de l’organisation.

Le 15 aout dernier, l’armée turque a encore bombardé la région de Qandil. Aucun gros dégât ni blessé n’avait été déploré. Le 19 juin, un habitant du village de Khodian (Xodyan en kurde), toujours à Qandil, a été blessé  dans le bombardement de l’armée turque.

Massacres

Le 21 aout 2011, sept membres d'une famille kurde irakienne avaient été massacrés dans les bombardements visant le village de Kortek, dans la région de Qandil. Plus de quatre mois plus tard, le 28 décembre 2011, 34 civils kurdes dont 19 enfants ont été tués par l’aviation dans le village de Roboski, sur la frontière avec l’Irak.

Outre ces bombardements et massacres, le régime turc utilise également des armes interdites. L’armée tire et large des obus contenant des bombes à sous-munitions interdites. En janvier 2012, Hadji Hissen Ahmad, âgé de 80 ans, a été tué dans l’explosion d’une bombe à sous-munitions, à son retour au village Dola Marsise, dans la région de Zakho, au Kurdistan irakien.

Utilisation d’armes interdites

L’utilisation des bombes à sous munitions, ainsi que des bombes au phosphore contre la région de Qandil au Kurdistan irakien avait été photographié en janvier  2009.

Au moment où l’armée bombarde le Kurdistan irakien, la guérilla kurde prend le contrôle de plusieurs zones à l’intérieur de la frontière de Turquie, soit au Kurdistan du Nord, supprimant de facto les frontières divisant Kurdistan en quatre parties entre l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie. 

Des prétextes infondés

Poursuivant son offensive “révolutionnaire” dans le cadre d’un changement de tactique pour objectif de rester positionnée, au lieu de mener des embuscades contre les forces turques, afin de créer une autonomie démocratique, une vaste zone est désormais sous contrôle du PKK depuis 23 juillet à Semdinli et depuis 4 aout à Cukurca, dans la région de Hakkari, une première depuis début de l’insurrection kurde. La guérilla a pris le contrôle d’une autre zone près de la ville de Hakkari, après avoir lancé le 16 aout un assaut d’envergure contre plusieurs postes des forces de l’ordre. L’armée n’arrive toujours pas à pénétrer dans ces zones par voie terrestre. 

Les prétextes de la Turquie selon lesquelles les combattants s’infiltrent par l’Irak ou la Syrie ne tiennent plus, alors qu’elles n’ont jamais été convaincantes. Car, les combattants du PKK opèrent depuis 30 ans partout dans le Kurdistan du Nord et ils ont la capacité de lancer des attaques dans les villes de l’ouest.



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