24.06.2017
Hollande sur le pas de Sarkozy, campagne médiatique contre les kurdes
2012-08-31 14:04:19
Yazdir

Quelques révélations sur Sarkozy et des informations sur la vraie nature de l’opération policière visant la commaunauté kurde à Marseille… Les kurdes de France dénoncent la campagne médiatique.

Suivant la diplomatie de guerre de Sarkozy, le gouvernement socialiste renforce sa complicité avec un régime répressive, la Turquie, soit la principale cause des problèmes non résolus au Moyen-Orient. Leur victime commune s’appelle kurde.

Rien à ajouter sur la complicité de l’ancien président français Nicolas Sarkozy avec le régime de Kadhafi en Lybie et celui de Bashar al Assad en Syrie, sans rappeler la complicité avec la Tunisie de Ben Ali et l’amitié entre Jacques Chirac et le dictateur irakien Saddam Hossein.

Régime turc, la face cachée de la France

Le régime actuel de la Turquie entretenait depuis toujours des relations étroites avec les régimes répressifs et les dictatures de la région. Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a reçu le prix Kadhafi des droits de l’homme, juste avant la guerre de Libye. Il était ami de Bachar al Assad. Les deux pays avaient signé un accord anti-kurde et ils avaient même tenu deux conseils des ministres communs fin 2009, dont l'un à Alep.  

En juillet 2012, le régime AKP, parti au pouvoir en Turquie, a également signé un vaste accord de coopération dans le domaine militaire avec le régime sanglant du président soudanais Omar al-Bashir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI).

Sans aller plus loin et fouiller l’histoire, le régime actuel turc avec qui le gouvernement français entretient des relations diplomatiques, économiques, militaires et policières n’est pas moins pire que celui de Bashar al Assad et il est même plus puant dans plusieurs domaines.  

Enfermant des élus, syndicalistes, étudiants, enfants, journalistes, avocats, défenseurs des droits de l’humain et intellectuels, massacrant des civils devant les yeux du monde entier comme le massacre de 34 civils kurdes dont 19 enfants à Sirnak en décembre 2011 et sept autres dont quatre enfants en aout 2011 à Qandil, au Kurdistan irakien, le régime turc est la face cachée de la France.

Dans le cadre de la complicité avec la Turquie, le gouvernement français ignore les revendications légitimes du peuple kurde et veut faire croire que cette sale complicité amènera la paix et la démocratie en Syrie, alors que les Libyens et la Tunisiens continuent de souffrir. Si un jour la liberté et la démocratie gagnent sur ces terres, ce ne sera pas grâce à la politique complice de la France mais à la lutte des peuples.

Avec la diplomatie de guerre et le soutien direct aux rebelles syriens, accusés de crimes de guerre par l’ONU, et en collaborant avec le régime turc, le gouvernement français commet deux crimes en même temps ; le soutien direct aux crimes de guerre commis en Syrie et  le soutien direct aux crimes de guerres et crimes contre l’humanité commis par le régime turc.   La France n’a jamais condamné les crimes des gouvernements turcs contre le peuple kurde. Rappelant que la France est aussi responsable, avec sa signature du Traîté de Lausanne, de la situation actuelle du Kurdistan, divisé en quatre parties.

Cette sale complicité ne se limite pas  à la répression anti-kurde sur place et gagne la France depuis plusieurs années. Sous le règne de Sarkozy, les opérations policières et harcèlements judiciaires visant la communauté kurde se sont accentués, notamment avant et après les visites des dirigeants turcs.

Le 7 octobre 2011, les deux pays ont signé un accort de coopération sécuritaire contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), lors de la visite de l’ancien ministre français de l'Intérieur Claude Guéant à Ankara. L’accort prévoyait l'engagement des deux pays dans une "coopération opérationnelle de lutte contre le terrorisme", avait indiqué M. Guéant. Il devrait permettre aux forces de sécurité turques et françaises de mener une lutte commune sur le terrain, avait ajouté le ministre français.

La lettre de Sarkozy au centre kurde accusé de « terrorisme »

En deux ans, entre 2010 et 2011, plus de 100 kurdes ont été arrêtés sur le sol français et le tribunal correctionnel de Paris a prononcé le 2 novembre 2011 la dissolution du centre culturel kurde. Le quartier général de Sarkozy lors de l’élection présidentielle française de 2007 était adjacent au centre culturel kurde. Le conseiller politique de Sarkozy, Patrick Devedjian, avait alors visité le centre kurde.  En juillet 2007, Sarkozy a envoyé une lettre de remerciement à la Fédération des associations kurdes de France (FEYKA). Cette lettre envoyée à l’adresse du centre culturelle kurde à Paris, dissolu quatre après sous l’accusation de « terrorisme », portait la signature de Cédric Goubet, chef de cabinet de Nicolas Sarkozy.

Sarkozy et Hollande, deux faces d'une même médaille

Le gouvernement actuel de la France suit la même politique, renforçant sa coopération avec la Turquie en pleine guerre syrienne. Après la visite du chef de la diplomatie française Laurent Fabius à un camp de réfugiés syriens à la frontière turque, le 16 aout, la police française a lancé une opération médiatique contre les réfugiés kurdes, le 24 aout, arrêtant cinq personnes dont quatre ont été écrouées. Ils sont soupçonnés de préparer un assassinat à Marseille, alors que deux étaient travailleurs du bâtiment et membres du Centre Culturel de Mésopotamie.  

Les médias français ont mené une véritable campagne de criminalisation, suite à cette opération policière organisée par les juges antiterroristes Thierry Fragnoli et David Benichou. Aucun média n’a donné la parole aux kurdes, privant l’opinion publique des réalités.  Selon les associations kurdes, il s’agirait d’un simple règlement de compte entre deux groupes d’individus d’origine kurde, survenu il y a plusieurs mois, mais il parait que les autorités françaises ont œuvré pour créer un lien artificiel avec le PKK, criminalisant ainsi les activités culturelles et politiques du peuple kurde.

La fédération kurde dénonce la campagne médiatique

La FEYKA a dénoncé la campagne médiatique menée contre les Kurdes. « Depuis quelques jours, la presse rapporte, à grand renfort de sensationnel, l’arrestation de prétendus membres du PKK accusés d’avoir tenté de tuer une personne qui refusait de payer l’«impôt révolutionnaire ». La Fédération des Associations Kurdes de France (FEYKA) est indignée par cette campagne médiatique qui témoigne d’un mépris total pour la présomption d’innocence et qui conduit à stigmatiser la communauté kurde de France.  La FEYKA sait pertinemment que ces faits n’ont aucun lien avec le PKK, ni avec aucune autre organisation kurde. D’après les informations que nous avons recueillies sur place, il s’agirait d’un simple règlement de compte entre deux groupes d’individus d’origine kurde. Les organisations kurdes présentes en France ne sont pas armées et ont toujours manifesté leur opposition à la violence ; elles défendent un dialogue de paix. Cependant, depuis plusieurs années, les autorités françaises coopèrent avec la Turquie et arrêtent systématiquement des militants kurdes, sous couvert de lutte contre le terrorisme. La FEYKA condamne tout acte violent et demande aux médias de ne pas s’emparer des derniers faits pour diaboliser encore les militants kurdes. »       

Une politique sans kurde vouée à l’échec

Comme le fiasco du modèle turc et l’échec total de sa diplomatie, la politique extérieure de la France est aussi voué à l’échec. Les kurdes sont aujourd’hui une force incontournable, organisée et progressiste au Moyen-Orient. Si la France veut vraiment une démocratie dans cette région, elle doit réviser sa politique envers les kurdes et arrêter de soutenir le régime répressif turc. C’est le seul moyen de réparer l’image de la France auprès du peuple kurde.

Maxime Azadi

 



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