16.09.2014
Turquie : rentrée scolaire religieuse et boycottée
2012-08-27 14:12:47
Yazdir

Un député turc du parti au pouvoir AKP a avoué l’intention de son parti de transformer tous les écoles publiques en écoles de formation des imams.  Les familles kurdes boycottent le système scolaire pour demander l'enseignement en langue kurde dans le cadre d’une autonomie démocratique.

« Nous avons enfin la chance de transformer tous les écoles en écoles de formation des imams » a dit le député AKP Ali Boga à Mugla, selon le journal kémaliste « Cumhuriyet ».

Après la nouvelle reforme de l’éducation « 4+4+4 », « Nous avons cette chance » a-t-il encore souligné, rappelant que l’enseignement de Koran et de la vie du prophète étaient déjà autorisés.

Le nouveau système d’éducation mis en vigueur supprime les huit années obligatoires et ininterrompues à partir de l’âge de six ans et porte cette durée à 12 ans.

Mais ces douze années seraient segmentées en trois cycles de quatre années chacune, ce qui est contesté notamment par les organisations des droits de l’humain et des organisations féministes.

Un système qui encourage les mariages d’enfant

Cette mesure résumée par la formule “4 + 4 + 4” baisse encore l’âge de travail, soit lorsque l’enfant atteint l’âge de dix ans, il peut être orienté vers une filière d’enseignement professionnel, à l’issue du premier cycle de quatre ans.

Le but de cette reforme était d’autoriser la réouverture des écoles dites “Imam Hatip” à partir du niveau élémentaire. Les organisations de la société civile dénoncent également  « un encouragement » et « une opportunité » donnée à certaines familles de retirer leurs filles de l’école avant la fin des 12 années obligatoires, ce qui risque d’augmenter les mariages d’enfant et forcés.

L’ouverture des mosquées dans les écoles !

Le syndicat des enseignants Egitim-Sen craint que « l'enseignement donné aux enfants de neuf ans par des imams aboutisse à l’ouverture des mosquées dans les écoles. »

Ce projet du « fascisme  vert » fait  partie de la conservatisation de la société.  Après l’arrive au pouvoir de l’AKP en 2002, une véritable opération de « nettoyage » a été lancée dans l’enseignement, visant notamment les étudiants et les enseignants kurdes.

Des dizains d’enseignants et près de 3 000 étudiants et lycéens sont aujourd’hui dans les prisons, tandis que des centaines d’enseignants kurdes et opposants ont été exilés vers l'ouest du pays.

Les kurdes boycottent

Face à cette répression sauvage menée dans tous les domaines par un gouvernement considéré comme « dicta civil », la mobilisation kurde est aujourd’hui plus forte que jamais, malgré des dizains de milliers d’arrestations.

Le nouveau système d’éducation ne répond pas aux revendications du peuple kurde pour l’enseignement de langue kurde. Selon ce système, le kurde pourra être choisi comme matière optionnelle à l'école publique, au même titre que les langues étrangères: anglais, allemand ou français, à partir de 5eme année, alors que cette mesure n’a jamais été parmi les revendications du peuple kurde dont la population est estimée à plus de 20 millions en Turquie.

Les kurdes refusent que leur langue maternelle, interdite pendant de longues années, soit optionnelle et exige une reconnaissance officielle dans le cadre d’une autonomie démocratique au Kurdistan de Turquie.  D’ailleurs, le kurde, tout comme le turc pour dénoncer la politique du gouvernement, fait toujours l’objet de poursuites et de condamnation, sauf pour les partisans des régimes.

« La langue maternelle d’un peuple ne pourra jamais être proposée en cours d’optionnel dans les écoles », avait récemment dénoncé le principal parti kurde BPD, affirmant que la langue kurde devrait être optionnelle pour les turcs à l’ouest de la Turquie afin de mettre fin à la politique d’assimilation forcée, qui dure depuis la création de l’État turc, fondé sur la négation des autres ethnies et cultures.

Pour satisfaire les revendications kurdes, le BDP souligne que langue maternelle doit être enseignée dès l’école maternelle jusqu’à l’université, au même titre que la langue turque, puisque les kurdes ne sont pas des étrangers.

Quartiers d’assimilation

L'Union des Communautés du Kurdistan (KCK),  le système politique du PKK qui a pour objectif d’établir le « confédéralisme démocratique » afin de résoudre le problème kurde au Moyen-Orient, a appelé les familles kurdes à boycotter la rentrée scolaire 2012-2013.

 « Nous appelons le peuple kurde à refuser la politique d’assimilation menée par l’État fasciste » a dit le KCK dans un communiqué.

Qualifiant les écoles turques de « quartiers d’assimilation et de négation », le KCK lance également un appel aux enseignants « à renoncer  à commettre des crimes contre l’humanité en participant à l’assimilation de la langue et de l’identité kurde »  et « à renoncer à participer aux cours ».



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