18.04.2014
Rafle de 71 syndicalistes kurdes en Turquie
2012-06-25 20:00:23
Yazdir

Le régime turc a arrêté lundi 25 juin plus de 70 syndicalistes kurdes lors des opérations policières menées simultanément dans seize villes, visant tous les syndicats opposants au sein de la confédération KESK.

La police du régime AKP, parti au pouvoir du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, a fait une décente dans les locaux de la Confédération des syndicats des fonctionnaires  publics (KESK), du syndicat des travailleurs du secteur de la santé et des services (SES),  du syndicat des travailleurs municipaux (Tüm Bel-Sen) et ceux du syndicat des enseignants Egitim-Sen. Il s’agit des syndicats opposants les plus actifs et les plus organisés qui refusent de se soumettre à la politique antisociale du gouvernement répressif. 

Les opérations ont été menées dans seize villes dont Istanbul, Ankara, Izmir et Diyarbakir. Parmi les 71 responsables et membres de la confédération KESK figurent le président de la KESK Lami Ozgen, le secrétaire général du syndicat SES Siddik Akin et le secrétaire général du Tum-Bel-Sen Izettin Alpergin.

La plus grande prison du monde pour les syndicalistes

Les arrestations ont été effectuées  dans le cadre de l’affaire KCK,  lancée en avril 2009, quelques semaines après le succès historique du parti kurde lors des élections municipales. Visés par cette affaire, 39 dirigeants et membres de la confédération se trouvent déjà derrières les barreaux, ce qui fait la Turquie la plus grande prison du monde  pour les syndicalistes.

Plus de 8 mille membres actifs du principal parti kurde BDP sont en prison dans le cadre de l’affaire KCK, sans parler de milliers d’autres arrestations sous prétexte de « lutter contre le terrorisme ». Parmi eux figurent 200 élus du principal parti légal kurde BDP dont 35 maires sur 98 et six députés sur 36 sont en prison, sans parler de milliers d’autres membres incarcérés de ce parti.

Opération putschiste

Plusieurs manifestations ont été organisées à travers le pays pour protester contre les arrestations de syndicalistes. « Le seul crime de nos amis, c’est d’avoir lutté pour le droit syndical, la liberté, la paix et pour la démocratie » a affirmé Ismail Hakki Tombul, le secrétaire général de la confédération, lors d’une manifestation organisé à Ankara. Il a dit que le point commun entre les syndicalistes arrêtés est qu’ils sont tous kurdes.

« C’est une opération putschiste dans le cadre de la politique fascisante du gouvernement AKP pour la réorganisation du pays » a dénoncé de son coté le BDP dans un communiqué.  «Le gouvernement AKP veut réduire au silence tous ceux qui ne pensent pas comme lui, ceux qui s’opposent à lui,  avec des opérations illégitimes » ajoute le communiqué.

« Les kurdes sont le moteur de la lutte pour la démocratie. La politique raciste et discriminatoire continue (…) Le gouvernement AKP mène une politique ouvertement raciste envers les kurdes » a dit par ailleurs la co-présidente du BDP Gultan Kisanak.

 Deux jours plutôt, le 23 juin, le Congres Démocratique des Peuples (HDK) et le Parti socialiste des opprimés (ESP) ont fait également l’objet d’opérations policières. Huit personnes dont deux journalistes socialistes ont été arrêtées. Cinq d’entre elles ont été placées en détention après avoir comparu devant un tribunal d’Ankara le 25 juin.



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