20.04.2014
Une femme arabe dans les montagnes kurdes
2012-06-25 10:06:19
Yazdir

Elle a grandi parmi les kurdes syriens à Dirbesiye et elle parle le kurde comme sa langue maternelle. Yekbun Arab se trouvent parmi les internationalistes du PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan, qui lutte contre les pays répressifs de la région pour une « confédération démocratique » du Moyen-Orient.

« Je suis de l’origine arabe » dit-elle. Née dans le village de Tileylou à Dirbesiye, au Kurdistan syrien,  elle affirme lutter dans les montagnes du Kurdistan pour les peuples du Moyen-Orient.  Son village natal comptait alors quelques 50 habitations où vivaient les arabes et les kurdes.

Avant d’arriver au Kurdistan, sa tribu vivait dans les zones près du désert. « Les arabes ont été installés  par l’Etat syrien dans les régions où vivaient les kurdes. A tel point que les kurdes ont été privés de leur terre.   L’Etat ressemblait en générale les arabes dans un village ou dans une zone, mais mes parents ont préféré de rester avec les kurdes malgré les pressions » raconte-elle.

Le régime syrien avait mis en œuvre en 1962 sa politique « Ceinture Arabe » prévoyant expulser toute la population kurde de la région de Djazira (Cîzre en Kurde) le long de la frontière turque et de la remplacer par des Arabes. Plus de 300 000 Kurdes syriens privés de papiers d'identité avaient été forcés de vivre comme des étrangers dans leur  pays natal.

Ne cédant pas aux pressions du régime et à la saisie de leurs terrains, les parents de Yekbun ont refusé d’abandonner les kurdes. Dans les années 1990, ses parents commencent à aider le PKK, ce qui ajoute une dimension politique à leur vie. « J’ai été la plus influencée par le PKK, mais mes parents ne voulaient que je rejoigne les rangs du parti car j’étais une femme » dit-elle.  

Malgré les insistances de ses parents, Yekbun commence à participer aux activités du PKK comme une milice. En 2001, elle rejoint l’organisation et devient une combattante.  « Lorsque j’ai vu les montagnes du Kurdistan, je me suis dit qu’aucune force ne pourra vaincre la guérilla » poursuit-elle.

Plus de 40 % des combattants du PKK sont femmes. Elles sont représentées à titre égal dans toutes les branches de l’organisation dirigée par un système de co-présidence.  En outre, les femmes kurdes ont leur propre organisation armée, l’Union des femmes libres (Yja-Star), qui compte entre 1500 et 2000 combattantes.

Yekbun affirme : « J’ai mieux compris le rôle de la lutte dont je fais partie face à l’histoire, en connaissant l’histoire de mon peuple et celle de la femme. Mon engagement envers le PKK et ma confiance en tant qu’une femme arabe sont renforcés » 

Pour elle, le PKK est une rencontre des cultures, affirmant que cette organisation armée et populaire compte dans ses rangs beaucoup de combattants venus de différents pays.  « J’ai rencontré plusieurs guérilleros qui n’étaient pas d’origines kurdes. Chaque peuple connait son histoire, mais il la connait mieux chez le PKK » ajoute-elle.



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