23.03.2017
Appel aux gouvernements turc et français pour les prisonniers kurdes
2012-11-05 13:42:31
Yazdir

Au 55eme jour de grève de la faim illimitée des prisonniers politiques kurdes, les députés du groupe écologistes ont appelé le gouvernement turc à répondre aux revendications des prisonniers. Exprimant son inquiétude sur l'état de santé des prisonniers, les députés ont averti qu’une hécatombe laisserait des traces telles que la Turquie n'en sortirait pas grandie.

Dans une lettre adressée au premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dont l’ActuKurde s’est procurée une copie, les 17 députés écologistes demandent également l'ouverture de négociations pour une solution politique à la question kurde, soulignant que le moment est venu.

Le groupe écologiste : Une hécatombe laisserait des traces

« Une grève de la faim illimitée est observée par des centaines de détenus kurdes dans plus de 60 prisons de Turquie et le mouvement semble prendre une ampleur jamais égalée jusqu'à présent. Des collègues et amis députés, maires, présidents de régions, avocats, qui ont été mis en détention provisoire, certains depuis plusieurs années, se joignent au mouvement commencé le 12 septembre.

Les grévistes de la faim demandent à votre gouvernement d’entamer des négociations avec Abdullah Öcalan, afin de résoudre la question kurde. Ils réclament par ailleurs la levée de l’isolement total dans lequel est détenu ce dernier depuis plus d’un an et demi.

La grève de la faim est entrée dans une phase critique, comme vous l'a écrit le député de Sirnak, M. Hasip Kaplan, Vice président du groupe BDP à la Grande Assemblée de Turquie et membre de l’Union des avocats européens. Les familles des détenus, soutenues par de nombreuses organisations de la société civile, ont également exprimé leurs vives préoccupations concernant l’état de santé des grévistes.

Permettez-nous de vous faire part de notre inquiétude et de vous demander de répondre aux revendications des détenus kurdes afin de suspendre un mouvement dont les conséquences seront extrêmement graves pour tous.

Une hécatombe laisserait des traces telles que la Turquie n'en sortirait pas grandie, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses frontières.

L'ouverture de négociations est attendue par tous les démocrates pour qu'une solution politique soit trouvée à la question kurde.

Il nous semble que le moment est venu. »

Les députés du groupe écologistes : Jean Louis Roumegas, Noel Mamere, Véronique Massonneau, Sergio Coronado, Eric Alauzet, Danielle Auroi, Isabelle Attard, Barbara Pompili, Denis Baupin, Laurence Abeille, Brigitte Alain, Christophe Cavard, Paul Molac, Michele Bonneton, François Michel Lambert, François de Rugy, Eva Sas.

ANECR : Le gouvernement français doit intervenir

De son coté, l'Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR)  a affirmé dans un communiqué  que « devant le mépris des autorités turques qui minimisent  la gravité de la situation sur la scène internationale, des femmes et des hommes risquent de mourir dans le silence des medias internationaux. »

Selon le communiquée, une délégation d’élus de l’Anecr, présente à Dyarbakir depuis le 31 octobre, a constaté l’extrême gravité de la situation. Conduite par Dominique Adenot, président de l’ANECR, la délégation est composée de Michel Billout, sénateur de Seine et Marne, Alain Cousin, maire de Carlat (15), Eric Defouilhoux, assistant parlementaire, Josette Fournier, maire d’Eygalayes, (26), Anne-Catherine Heinisch, conseillère municipale de Limoise (03), Pierre Trapier, maire de Porte les Valence (26), Marie-Christine Vergiat, députée européenne.

« Face à l’intransigeance du gouvernement turc et de son premier ministre Erdogan, les prisonniers politiques kurdes sont déterminés. Ils pourraient être rejoints dans leur mouvement par les milliers d’autres prisonniers politiques. Les membres de la délégation appellent les medias français à informer urgemment de la situation. Ils demandent au gouvernement d’intervenir auprès des autorités turques afin qu’elles ouvrent les négociations nécessaires pour que cesse la grève de la faim.  Les prisonniers politiques revendiquent de pouvoir se défendre dans leur langue maternelle, que celle-ci puisse être enseignée à l’école ainsi que la fin du placement en isolement du leader kurde, Abdullah Ocalan, emprisonné sur l’Ile d’Imrali, et privé de toute visite depuis 27 juillet 2011.Ces revendications ne sont pas excessives. Elles doivent être entendues. »

L’association souligne aussi que « la mobilisation de tous les démocrates est plus que jamais nécessaire pour un règlement de ce conflit qui a déjà produit trop de souffrance. »

 « Nous appelons notamment les élus  à envoyer des message de protestation à l’ambassade de Turquie en France ainsi qu’au Quai d’Orsay, contre cette répression et en soutien à l’indispensable règlement de la situation Kurde sans lequel aucune paix durable ne sera possible dans ce secteur particulièrement sensible, aux frontières de l’Irak, de la Syrie et de l’Iran. »

Marie-Christine Vergiat : Ne les laissez pas mourir sans rien dire

La députée européenne Front de Gauche, Marie-Christine Vergiat, a également lancé un appel urgent : « Ne les laissez pas mourir sans rien dire. »

Dans un communiqué, la députée européenne a affirmé : « Actuellement en mission de l'ANECR dans la partie kurde de la Turquie, je tiens à dénoncer les mensonges réitérés  de monsieur  Erdogan en visite la semaine dernière dans différents États européens. Comment a-t-il osé dire qu'il n y a pas de grève de la faim dans les prisons turques alors que son propre ministre de la justice s'inquiétait au même moment à Ankara pour la vie de plusieurs de ces grévistes.

Selon les dires dudit ministre confirmés par plusieurs sources sur place il y a actuellement près de 700 grévistes de la faim dans les prisons turques dont certains entameront aujourd'hui leur 55ème jour de grève mettant à chaque minutes un peu plus leur vie en danger. Ce matin les 10 000 prisonniers politiques ont lancé un mot d'ordre de solidarité.

Il y a urgence à intervenir. Les différentes institutions européennes y compris le Conseil de l'Europe, tout comme les gouvernements des États membres, ne peuvent continuer à se taire.

Des milliers de personnes sont aujourd'hui emprisonnées en Turquie pour raisons politiques : hommes et femmes politiques, journalistes, syndicalistes, défenseurs des droits de l'Homme, étudiants, et même des dizaines d'enfants de moins de 16 ans, kurdes et non kurdes, ils ont pour la plupart seulement défendu leurs convictions, manifesté pacifiquement ou même simplement osé faire leurs métiers. Et aujourd'hui commence en Turquie le procès dit "des avocats".

Déjà présente en Turquie en février dernier, je ne peux que constater l'aggravation de la situation et dénoncer la dérive préoccupante du gouvernement turc.

Il n'est plus possible de se taire.

Ne les laissez pas mourir sans rien dire. »



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