Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est démenti une fois de plus sur le nombre des combattants du PKK tués dans des affrontements.
Il a affirmé mercredi 26 septembre sur Kanal 7 que 144 membres des forces de sécurité et 239 militants du PKK ont été tués depuis le début de l'année en Turquie.
Le 17 Septembre, il avait déclaré que 500 militants avaient été tués au cours du seul dernier mois, ce qui confirme les soupçons selon lesquels l’armée cache ses pertes et l’étendue de la guerre.
L'état-major turc Necdet Ozel a donné un tout autre bilan dans une interview accordée au journal Türkiye. Selon lui, 110 soldats et 427 militants du PKK ont été tués entre le 1er janvier et 24 septembre 2012.
Auparavant, l'état-major avait communiqué un bilan de 88 soldats turcs tués en cinq mois, et de 373 membres du PKK "neutralisés" (tué, dans le jargon des autorités turques) entre février et août.
Selon le PKK, au moins 1913 soldats dont des mercenaires et 69 policiers ont été tués entre le 1er septembre 2011 et 17 Septembre 2012. Le mouvement affirme avoir perdu 290 combattants dans ses rangs au cours du même période.
Le PKK communique régulièrement ses pertes dans les medias kurdes, pour que les familles puissent récupérer les corps de leurs enfants. Chaque funérailles rassemble des milliers de personnes, voire des dizaines de milliers dans les grandes villes.
Ce qui est sure, les corps des combattants transportés à la morgue correspondent exactement le nombre communiqué par le PKK après chaque perte.
Une vaste zone sous contrôle du PKK
Même si les autorités turques refusent de l’admettre, une vaste zone dans les régions de Hakkari et de Sirnak qui s’étend sur des centaines de km2 est bel et bien sous contrôle de l’organisation depuis 23 juillet, dans le cadre d’une nouvelle stratégie d'occupation du terrain pour une “autonomie démocratique” dans la région kurde.
De Hakari à Dersim, ces opérations "révolutionnaires" de la guérilla gagnent toute la région kurde avec des embuscades, des attentats et des attaques visant les forces de sécurité. Les chantiers de route pour objectif militaire et ceux de barrages sont également visés. Des centaines de véhicules qui travaillent sur les chantiers ont été détruits ces derniers temps.