18.04.2014
Les jeunes kurdes s’activent sur les réseaux sociaux
2012-05-02 12:26:22
Yazdir

Comme dans les rues, les jeunes kurdes sont de plus en plus actifs et radicaux sur l’internet. On observe une forte participation aux réseaux sociaux. Ils organisent des débats, créent leurs sites et cherchent à adhérer les gens à la cause kurde. Même si le manque de communication écrite en langue maternelle reste toujours une préoccupation, ils sont aujourd’hui plus que jamais présents dans la vie sociale, politique et numérique en Europe.

Trois jeunes femmes kurdes, Evin, Zana et Zelal, âgés de 18 à 20 ans. Ces net-citoyens qui militent pour la cause kurde habitent dans des villages situés dans les environs de Paris et de Strasbourg. Elles se sont connues par le biais d'internet et ont convié de créer l'association Jin jîyan Azadî, soit le JJA, le 24 Mars 2010. Jin pour la Femme, Jîyan pour la Vie et Azadî pour la Liberté.

Elles se présentent avec leurs surnoms et préfèrent travailler dans l’anonymat « afin de focaliser le lecteur sur leurs convictions et opinions plutôt que de l'inciter à se baser sur leur personne. »

« Nos débuts ont commencé avec des blogs sur ' skyrock ' en l'an 2009, comme chaque jeune de cette génération. Mais nous avons voulu aller plus loin, au delà d'un simple blog, nous avons voulu écrire pour être lu par un plus vaste auditoire. Et c'est ainsi que notre site www.jin-jiyan-azadi.com a vu le jour officiellement ce 24 Mars » disent-elles.

Il y a d’autres sites de la jeunesse comme la Confédération des étudiants kurdes YXK-Europe et l’Union des étudiants kurdes de France ou des sites plus radicaux comme Rojaciwan, Azadnews, Association de la jeunesse kurde Arjîn et Komalen Ciwan qui informent notamment sur l’actualité kurde et la mobilisation de la jeunesse.

Les réseaux sociaux sont un moyen pour briser les désinformations et les manipulations qui entourent la question kurde. Conscients de l’hégémonie des gouvernements répressifs sur l’information, ils traduisent les articles venant des agences de presse kurdes et des jeunes sur place, avant de les relayer sur les réseaux sociaux.

Des sites comme Rojaciwan organisent également des débats politiques en ligne autours des problèmes actuelles ou historiques avec la participation des personnalités connues dans la société kurde, alors que d’autres organisent des activités culturelles et proposent des articles ou des témoignes pour mieux comprendre le problème kurde. Selon leurs revendications périodiques ou les exigences actuelles, ils lancent des campagnes sur Twitter et Facebook pour sensibiliser l’opinion publique internationale, ou lancent des appels à manifestations organisées par les associations kurdes en Europe.

Pour les trois jeunes femmes, JJA existe essentiellement pour divulguer la culture kurde, l'histoire du peuple Kurde. « Eventuellement, lorsqu'il le faut, c'est avec ardeur et acharnement que nous débattons sur certains sujets sensibles » soulignent-elles.

« Nous appelons notre peuple et plus particulièrement notre jeunesse à l'Union, à la solidarité car qu'on soit juifs, sunnites, chiites, alévis, yézidis, chrétiens du PKK, PDK, YNK, PSK, du nord du Kurdistan, du sud, de l'est ou de l'ouest, communistes ou socialistes, nous sommes KURDES, et nos similitudes doivent peser sur nos différences. À l'instar de cette mentalité, nous bannissons le régionalisme. »

Le rapprochement national et social des quatre parties du Kurdistan, divisé entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Turquie depuis le Traite de Lausanne signé également par la France, trouve son reflet sur la vie numérique, malgré quelques méfiances qui restent notamment entre les kurdes d’Irak et de Turquie, soit le Kurdistan de Sud et du Nord.

Ils sont souvent très militants quant à la cause kurde et leurs liens avec la Turquie sont beaucoup moins forts que ceux des précédentes générations. Beaucoup d’entre eux sont des citoyens européens, s’expriment en langues des pays où ils vivent. Mais, la répression, la complicité avec les pays européens et les effets négatives de la politique assimilationniste et négationniste de la Turquie les poursuivent aussi.

« Notre objectif principal, ajoutent-elles, est d'intéresser les gens, dans l'intégralité, à la cause Kurde. Et pas seulement les kurdes. C'est pourquoi nous commençons par convaincre et persuader notre entourage sur le sort du peuple Kurde. Eventuellement, nous commençons par donner envie aux jeunes Kurdes d'en faire autant. Une fois que nous aurons acquis un effectif plus important, notre objectif à long terme serait de faire en sorte de ne plus entendre ' Kurde ? C'est quoi ? Je ne connais pas '. »

Elles veulent faire de JJA, un immense réseau de partage. « Une institution publique reconnue telle que l'IKP (Institut Kurde de Paris). JJA sera, dans les années à venir, une institution Kurde mettant en avant la culture, les mœurs et valeurs kurdes, basée essentiellement sur la place de la Femme au sein de la société kurde. »

Cependant, elles trouvent désolant le fait de voir un grand nombre de nos jeunes indifférents à l'égard de la cause Kurde. « Nous aimerions les voir plus intéressés, plus actifs, plus intègres. Qu'ils sachent d'où ils viennent, qu'ils discutent avec leur grands-parents, qu'ils sachent ce qu'ils sont, qu'ils en parlent autour d'eux et enfin qu'ils prennent conscience du chemin qu'ils empruntent car l'avenir du Kurdistan est entre les mains de la jeunesse. »

« Ma mère m'a toujours dit : 'eslê xwe ji bîr neke keça min' (Ma fille, n’oublie pas d’où tu viens) » dit Zelal, affirmant qu’avec Evin et Zana, elles sont «assoiffées de justice et affamées de liberté. »



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