La députée européenne Marie-Christine Vergiat dit être tres inquiète de la fuite en avant guerrière et sécuritaire, après le massacre commis le 13 novembre à Paris. Pour elle, il ne faut pas évaluer les choses par une logique de guerre mais par une logique de paix.
"Je pense d’abord aux victimes. Je pense aux gens en France qui sont tétanisés par cette attaque et j’ai un certain nombre de crainte, parce que je crains que nous soyons encore une fois dans une fuite en avant" a-t-elle dit à l'ActuKurde.fr.
"Une fuite en avant guerrière et sécuritaire. Une réaction un peu sous le coup de l'émotion. Pour moi, ce n’est pas comme qu’il faut réagir" a-t-elle ajouté la député française, membre de la Délégation française du Front de Gauche/ Alliance des Outremers au Parlement européen.
"Les français ont droit a la sécurité, et ils ont aussi à la sureté. Je crains qu’on soit un peu dans la disproportion. La plupart des auteurs de l’attentat qui sont identifiés aujourd’hui sont quasiment tous français. Donc, je ne suis pas sûre que les mesures que l’on cherche à prendre sont les bonnes mesures. La réponse à tout cela, pour moi, elle doit d’abord être sociale. S’il y a des dérives chez un certain nombre de gens, c’est aussi parce qu’on n'a pas les discours qui permettraient d’empêcher ces dérives."
La députée européenne a également dénoncé les relations du gouvernement français avec la Turquie d'Erdogan.
"Je dénonce depuis très longtemps le fait qu’on ferme les yeux sur ce qui se passe en Turquie, mais aussi sur les pays du Golfe qui soutiennent directement ou indirectement la création du Daech. Je ne suis pas sûre aujourd’hui que la France, plus exactement le gouvernement français, ait la sérénité nécessaire pour les dispositions indispensables par rapport au rôle que joue le gouvernement turc, dans ce qui se passe dans cette région du monde."
Affirmant qu'elle est très inquiète dans le contexte actuel, la député français souligne l'importance de dialogue pour résoudre les problèmes.
"J’espère que les un et les autres sauront se ressaisir pour regarder les choses avec le minimum de lucidité qui est nécessaire pour que les choses évoluent. Pour moi, elles doivent d’abord et avant tout évoluer par le dialogue politique, par la discutions entre les un et les autres, par une logique de paix, pas par une logique de guerre. "