15.09.2014
Jouets de la mort: bombes à sous-munitions de la Turquie
2012-09-24 15:05:09
Yazdir

L’armée turque continue à utiliser des bombes à sous-munitions contre les kurdes. Un rapport soutenu par des photos fait un zoom sur ces bombes, souvent sous la forme de jouets ou d’autres objets trompeurs.

Refusant de signer le traité d’interdiction des bombes à sous-munitions (BASM), entré en vigueur le 1er août 2010 après la signature de 96 pays en décembre 2008, la Turquie vise toujours les zones civiles.

Un rapport du Hawpar, une organisation qui lutte contre les mines et qui travaille notamment dans les zones sous contrôle du PKK au Kurdistan irakien pour le déminage, montre l’étendue de l’utilisation par l’armée turque de ces bombes.

Le recourt à ces bombes s’est intensifiée depuis 2008, causant la mort de plusieurs personnes, sous le silence total de la communauté internationale. En janvier 2012, un villageois kurde a été tué dans l’explosion d’une bombe à sous-munitions, lancée par l’armée turque contre la région de Zakho, au Kurdistan irakien. Le 6 avril 2012, l’armée a de nouveau lancé des obus contenant des bombes à sous-munitions sur les villages dans la zone de Zap, sous contrôle du PKK, parti des travailleurs du Kurdistan.

« Nous appelons les organisations internationales et les défenseurs des droits de l’humain à dénoncer les crimes contre l’humanité » commis par le régime turc, affirme Hawpar dans son rapport intitulé « Les jouets de la mort ».

Dissimulées sous différentes formes, ces bombes sont utilisées pour tuer plus de gens, affirme le rapport, qui appelle également les parents à prévenir leurs enfant de ne pas toucher les objets suspects.

Des bombes en forme de cylindres en plastique,  de salières,  de savons, de jouets, de boites de crème et d’assiettes, mais aussi en forme de boites argentées, peut-on voir sur les photos publiées dans le rapport.

L’utilisation des bombes à sous munitions, ainsi que des bombes au phosphore contre la région de Qandil au Kurdistan irakien avait été photographié à plusieurs reprises ces dernières années par les médias kurdes.  Les autorités kurdes avaient aussi confirmé le 10 janvier 2009 l’utilisation de ces bombes après une enquête dans la région. Ignorant les protestations, la Turquie a poursuivi ses bombardements.

La Turquie se trouve parmi les pays qui produisent ou ont produit de telles armes. Plus de 110 pays dont la France ont acté l'interdiction totale et définitive de ces armes explosives aux conséquences humanitaires désastreuses. Polluant au moins 37 pays à travers le monde, les BASM continuent aujourd'hui à tuer et à mutiler des civils, selon Handicap International, Observatoire des armements, Coalition contre les sous-munitions, Human Rights Watch, Amnesty International et Oxfam.

Cependant, l’Handicap international faisait état d’au moins 166 institutions financières de 15 pays qui fournissent plus de 39 milliards de dollars US d’investissement et de services financiers à huit producteurs de bombes à sous-munitions, dans son rapport « Worldwide investments in cluster munitions ; a shared responsibility » publié en mai 2011.

5 à 40 % des sous-munitions n'explosent pas à l'impact, se transformant, de fait, en mines antipersonnel. Selon Handicap international, parmi 13 306 victimes d’armes à sous-munitions recensées par ses soins, 98 % sont des civils et 27% des enfants.

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