Une campagne de signature a été lancée par la diaspora kurde pour demander la démission de l’ambassadeur Ahmet Üzümcü, Directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Le texte dénonce le silence « honteux » de la communauté internationale et appelle l’ONU à intervenir contre les atrocités commises par l’État turc.
La diaspora kurde en Europe vise à sensibiliser la communauté internationale au sujet des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par le gouvernement Ankara.
La Turquie ne tient pas ses engagements
La Turquie figure parmi les pays qui ont signé et ratifié le traité international de désarmement qui interdit la mise au point, la fabrication, le stockage et l'usage des armes chimiques. OIAC, signée en 1993, a attiré 188 États parties après son entrée en vigueur en 1997.
Les associations des droits de l’homme et les organisations kurdes affirment que la Turquie n’a pas tenu ses engagements et a continué à utiliser des armes chimiques contre la guérilla kurde, commettant des horribles crimes de guerre.
Selon le texte de la campagne de signatures, le dernier crime de guerre a été commis le 22 octobre à Cukurca, dans la province de Hakkari. Au moins 36 combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan ont trouvé la mort dans cette opération. Leurs corps entièrement brulés ou mutilés étaient méconnaissables.
Bombardents et gazages intensifs
Les survivants ont raconté qu'il n'y a eu aucun affrontement durant l’opération médiatique menée dans la « vallée de Kazan », parlant de bombardements et de gazages intensifs. Selon le PKK, il s’agissait d’un gaz toxique qui brulait la gorge et donnait un gout de fruits, comme une pomme. On ignore toujours la nature de ces gaz mais ces deux dernières années, l’armée turque fait souvent usage de ballons à gaz de différentes couleurs qui font évanouir, avant les opérations terrestres.
Plusieurs éléments montrent également l’utilisation par l’armée turque des armes à sous-munitions interdites dans le nord d'Irak, dont le dernier remonte à 7 novembre lors des bombardements contre la zone de Zap et de Khakurk, deux régions sous contrôle du PKK où se trouvent également des dizaines de villages.
473 guérillas tuées par des armes chimiques depuis 1994
Au moins 473 guérillas kurdes ont été tuées par des armes chimiques lors des 40 opérations militaires menées par l'armée turque depuis 1994, selon un décompte de l’ActiKurde à partir des rapports de l’association des droits de l’homme (IHD).
Début du mois de novembre, deux avocats allemands avaient déposé une plainte contre le premier ministre turc et ses trois ministres de la Défense, ainsi que cinq chefs d’état major turcs de dix dernières années auprès du parquet fédéral allemand à Karlsruhe pour crimes de guerre contre les kurdes.
Le silence « honteux » de la communauté internationale
La diaspora kurde demande la démission de l'ambassadeur Ahmet Üzümcü, nommé directeur général de l'OIAC en décembre 2009 par la quatorzième session de la Conférence des États parties à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et pris ses fonctions le 25 juillet 2010. Avant cette nomination, il était Représentant permanent de la République turque auprès de l'Office des Nations Unies à Genève.
Le texte de la campagne qui rappelle aussi des arrestations massives visant le principal parti légal kurde, dénonce « le silence honteux » de la communauté internationale face à la répression sans pitié exercée sur le peuple kurde.
Soulignant que le gouvernement AKP du premier ministre Recep Tayyip Erdogan pratique le « génocide » contre la nation kurde, le texte exhorte l'ONU à intervenir pour arrêter « cette atrocité de l'Etat turc », et prendre des sanctions politiques et économiques contre ce pays. Le texte demande également une enquête indépendante sur des armes chimiques utilisées contre les kurdes.
Pour signer : http://www.gopetition.com/petitions/stop-turkey-of-using-chemical-weapons.html