31.05.2014
Le PKK menace de s’impliquer en Syrie
2012-10-28 15:31:42
Yazdir

Face à une multiplication des attaques contre les kurdes syriens, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a affirmé qu’il sera dans l'obligation de donner un soutien militaire en cas de poursuite des attaques. Les Unités de défense populaire (YPG), armée kurde en Syrie, ont de leur côté accusé la brigade de Salaheddine Al-Ayoubi d’être impliqué dans l’attaque visant les kurdes à Alep,  tandis qu’un autre groupe lié à la Turquie a attaqué le 28 octobre un village kurde dans la région d’Afrin.

«Les groupes assaillants doivent mettre fin à leurs attaques contre le peuple kurde. Ils ne doivent pas être les meurtriers du peuple kurde en faisant confiance à la Turquie. S’ils insistent sur ces attaques, qu’ils sachent que nous, en tant que le mouvement de la libération du Kurdistan, serons dans l’obligation de donner un soutien militaire à notre peuple du Kurdistan occidental » a déclaré le PKK, dans un communiqué.

« Nous ne voulons pas prendre une telle décision et nous impliquer (dans le conflit syrien). Notre peuple veut poursuivre leur position (neutre) » a ajouté l’organisation  qui mène une lutte armée et populaire depuis 30 ans contre Ankara pour les droits fondamentaux du peuple kurde.

Appelant l’opposition syrienne à ne pas tomber dans les pièges de la Turquie, le PKK a affirmé : « Au contraire, ils (les groupes opposants) doivent œuvrer pour l’unité dans le cadre de la reconnaissance des droits légitimes du peuple kurde. »

«Tout le monde doit savoir que le Kurdistan occidental a le soutien de tout le peuple kurde et que ce peuple a la capacité de se défendre et de riposter aux assaillants » a souligné le PKK.

Qui est derrière ces attaques ?

Le 26 octobre, des dizaines de « rebelles » se sont infiltrés à Achrafiyé, quartier kurde à Alep, ouvrant le feu sur des habitants. Selon des sources kurdes, 10 habitants ont été tués et 25 autres ont été blessés lors de cette attaque.  En représailles, les forces kurdes ont lancé une attaque contre ces groupes, tuant au moins 19 d’entre eux, faisant un grand nombre de prisonniers,  saisissant d’importants lots d’armes et des véhicules. Tous les assaillants ont été chassés du quartier kurde.

« Nous ne considérons pas les assaillants comme l’armée syrienne libre (ASL) » a dit Sipan Hamo, un commandant du YPG. Selon ce commandant, l’attaque a été menée par des « bandes », dont la brigade de  Salaheddine Al-Ayoubi, liée au parti politique Azadi soutenu par la Turquie.  

Sept des dix-neuf « rebelles » tués par le YPG lors de représailles étaient d’origine kurde, a affirmé le commandant du YPG, ajoutant que deux autres assaillants d’origine kurde ont été capturés.

Demandant des « clarifications » sur cette attaque, le YPG  a averti le parti Azadi : « S’il ne fait pas une déclaration claire, il sera considéré comme associé au massacre et nous durcirons notre attitude contre ce parti. »

« Le régime syrien et les groupes armés tentent de nous pousser dans la guerre. Nous avons des informations selon lesquelles certains de ces groupes armés sont liés au régime » de Bachar al-Assad, a dit le YPG.

Un groupe lié à la Turquie a attaqué un village kurde

Un autre groupe soutenu la Turquie, Ammar Dadika, connu sous le nom de « Abou Omar Dadika », a lancé le 28 octobre une attaque contre le village kurde Qestel dans la région d’Afrin, selon de sources locales. Il s’agit d’un groupe turcoman qui serait armée par la Turquie. La réponse du YPG n’a pas tardé. Les assaillants ont été repoussés sans avoir fait de blessé.

150 kurdes relâchés

En outre, plus de 150 civils kurdes pris en otage par des groupes qui se disent liés à l’ASL ont été libérés suite aux négociations avec le YPG. Au total, 300 kurdes avaient été arrêtés par ces groupes à un point de contrôle entre les villes d’Alep et d’Afrin.  La libération de tous les civils kurdes est attendue.

Bombardement de l’armée syrienne

A la veille de l'attaque de l'attaque contre le quartier kuree à Alep, le 25 octobre, l’armée de Bachar al-Assad a bombardée le quartier Achrafiyé, tuant 15 personnes dont 3 Arabes et un turcoman. Plus 15 personnes dont le journaliste de télévision kurde Ronahi, Kendal Welat, et le correspondant de l’agence de presse kurde Firat, Cudi Ronahi, ont été blessées lors de ce bombardement.

Le YPG a déclaré qu’Achrafiyé, comme le quartier voisin de Sheikh Maqsoud, sont et resteront sous son contrôle exclusif.

Les Unités de défense populaire, dont le nombre des militants est estimé à plus de 10 mille ont créé jusqu'à présent quatre brigades dans la région kurde.  Elles sont à Afrin, à Qamishli, à Kobani et à Sêré Kaniyé.

La population kurde syrienne est estimée à environ 3,5 millions, soit 15 % de la population du pays, dont un demi-million à Damas et 600.000 dans les deux quartiers d’Alep, Achrafiyé et Sheikh Maqsoud. La sécurité de ces deux quartiers sont assurés par les forces kurdes, tout comme le Kurdistan syrien.

Brigade de Salaheddine Al-Ayoubi

Le 27 septembre, la brigade de Salaheddine Al-Ayoubi dont le chef Saleh Abdoulkadir réside en Turquie avait attaqué une maison appartenant à un membre du YPG dans le village d’Iska, dans la région d’Afrin, sous contrôle des kurdes. Le membre du YPG et deux assaillants ont été tués lors de cette attaque.

Dans un communiqué, le YPG avait appelé ce groupe à déposer les armes, avertissant: « Nous ne tolérerons la présence d’aucune force soutenue par des étrangers. Si ce groupe ne se rend pas, nous lancerons une opération légitime d’élimination. »

Les médias kurdes avaient révélé en juin 2012 un document secret du ministère des affaires étrangères de la Turquie adressé au consulat turc d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien, visant la déstabilisation de la région kurde. Le document parlait de rencontres entre les services des renseignements turcs et Saleh Abdoulkadir pour forcer les forces armées kurdes de rejoindre l’opposition arabe.



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