05.04.2014
Regards croisés sur le Kurdistan
2014-04-02 14:40:15
Yazdir

La conférence du 1er avril 2014  mettait en valeur les acteurs du peuple Kurde sans les incriminer de « terroristes » comme dans les médias main-stream et think tanks. Ceci n’était pas un poisson d’Avril. Cette conférence a eu lieu dans les prestigieuses Galeries Soufflot du Centre Panthéon, organisée grâce au travail de l’Union des Etudiants Kurdes de France,  avec notamment le soutien du Benjamin Salesse, de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Sylvie Jan, présidente de l'association de solidarité France-Kurdistan.

La première partie de la conférence intitulée « Regards croisés sur le Kurdistan : Le Kurdistan au cœur de la Géopolitique du Moyen-Orient » était consacrée à la projection du film « Ez Kurd im » (Je suis Kurde » en tant qu’entrée en matière ce film reflète très bien la problématique Turc à l’égard des Kurdes.  Le réalisateur Antoine LAURENT était  d’ailleurs présent à la conférence ainsi que le coréalisateur Bertrand NICOLAS.

Les intervenants tels que Maitre BOITEL  (avocates des terribles assassinats Kurdes), Monsieur Adem UZUN (membre du Conseil National du Kurdistan), Monsieur Ahmet INSEL (économiste et politologue), Sylvie JAN en tant que modératrice, le Docteur Frédéric TISSOT (ancien Consul à Erbil), Pascal TORRE (Professeur à l’ENA) et Mademoiselle Karine KERVARREC étaient présents d’une part pour parler des terribles assassinats et d’autre part de la situation de Kurdistan.  

A défaut d’avoir pu filmer la conférence nous vous avons retranscris quelques passages de la conférence. Bonne lecture !

Maitre BOITEL : «  Le dossier avance tous les quinze jours il y’a des nouveaux éléments de l’enquête qui apparaissent concernant l’assassinat politiques en plein cœur de Paris des 3 femmes Kurdes : Leyla SAYLEMEZ, Fidan DOGAN et Sakine CANSIZ .   Les éléments de l’enquête pointe vers la Turquie. »

A la question de la modératrice Sylvie JAN : « Dans quelle main se situe l’avenir des Kurdes », Adem UZUN répond : « Autrefois, il y avait de la répression politique, la torture étaient systématiquement pratiquées  mais aujourd’hui est que les Kurdes ont réussi à faire accepter leur Kurdicité. »

Adem UZUN est membre du Conseil National du Kurdistan pour ainsi dire du Parlement d’Exil Kurde.  Il est l’un des 4 négociateurs présents à Oslo en 2009 devant les dirigeants Turcs et il est obstiné par la paix. Arrêté le 6 octobre 2012 dans un bar de Monparnasse, lors d'une entrevue qui avait duré moins de dix minutes,  suite à un complot organisé pour le compte des services français, le politicien kurde Adem Uzun était sorti de la prison, dans la soirée du 9 août 2013. La cour d'appel de Paris a annulé le 27 février 2014 toute la procédure contre Adem Uzun,  confirmant le complot orchestré contre lui.

Autrefois, réclamer les droits du peuple Kurde formait une obligation pour chaque être pourvus de conscience. Aujourd’hui, il s’agit d’une responsabilité pour le peuple Kurde dans la mesure où il faut bâtir des mouvements alternatifs » ajoute M. Uzun.

« Nous voulons réaliser ce projet pas seulement pour les Kurdes. En effet, Nous voulons créer un système alternatif pour vivre avec tous les autres peuples de la région (Hayeren, arabes, chaldéens, turkmènes…) et préserver cette mosaïque d’antan. » 

« Naturellement nous avons beaucoup souffert de ce nationalisme mais nous n’avons jamais cru qu’il s’agissait d’un problème de peuples. Nous avons conscience qu’il s’agit d’un problème de système. Ce n’est pas les autres peuples qui nous ont massacrés, persécutés mais ce sont  les Gouvernements.

Malheureusement les architectes de ce système sont aujourd’hui la France, la Grande-Bretagne de par le Traité de Lausanne. Aujourd’hui cette politique continue et c’est ce système que nous combattons. »

« Ils (nos détracteurs) nous demandent pourquoi nous avons choisi la défense armées ? Nous leur répondons que vous ne nous avez pas laissés le choix. La guérilla est une force qui défend le peuple mais qui n’attaque pas. »

J’étais présent à OSLO pendant les négociations. A l’époque déjà nous avions proclamé que nous ne sortirions pas de ce processus, sans avoir vraiment une clé quant à la résolution de ce conflit. »

« Aujourd’hui ce n’est pas une phase que nous vivons mais une Révolution » conclut-il.

De son coté, Ahmet INSEL, économiste et politologue, fait une analyse sur le processus de paix, lancé en mars 2013 à l’initiative du leader kurde Abdullah Ocalan, emprisonné sur l’Ile d’Imrali depuis 1999, après une opération internationale.

« Actuellement, dans l’histoire du conflit du Gouvernement de la Turquie avec le peuple Kurde il y’a un changement mais un changement coûteux c'est-à-dire en vie humaine aussi bien pour les Turcs que pour les Kurdes.  Ce changement est qualifié de période grise. En effet, depuis un an et demi des négociations sont menées avec le leader Kurde Abdullah OCALAN, emprisonné sur l’Ile d’Imrali.

Des négociations qui pour rappeler la chère parole de Nelson MANDELA (paix à son âme) Peut-t-on négocier la paix avec un prisonnier ?

Cependant, depuis un an nous pouvons observer qu’il n’y a plus de confrontations avec entre le Parti des Travailleurs du Kurdistan et les forces armées Turcs.

D’autre part, nous pouvons observer que par rapport au Newroz  (nouvel Kurde fêtant l’Equinoxe du Printemps) de l’année 2012 qui a été nettement réprimé faisant des morts, le Newroz de l’année 2013 fût extraordinaire. En ce sens où la lettre du leader Abdullah OCALAN a été lu publiquement et retransmises à la télévision Turque.

Par conséquent, nous pouvons observer que les choses changent pas par grâce à la majorité Turc mais grâce à la sagesse Kurde quand bien même il y aurait des critiques envers les le peuple Kurde ( à travers la lutte armées).

Depuis l’an passé, la question Kurde a dépassé des seuils. Le peuple Kurde a créée des mouvements municipaux et une chaine de télévision Kurde fut créée, diffusée H-24 nécessaire à la reconnaissance et à la survie  de la langue Kurde. Ce sont des acquis irréversible grâce à la ténacité du peuple Kurde.

Quelle est la solution ? Les Kurdes représentent 20 % de la population en Turquie.  Le peuple Turc doit se positionner dans une situation d’empathie envers le peuple Kurde. Cependant, le 1er Minsitre Turc Recep Tayip ERDOGAN a une définition de la démocratique de la majorité

Il est un conseil pour les novices à la question Kurde, de ne pas poser la question « Mais qu’est ce qu’ils veulent ces Kurdes ? » mais plutôt demander « Qu’est ce que veulent ces Turcs » ?

En effet, actuellement et malheureusement en Turquie un Kurde peut devenir Président s’il le souhaite mais à condition de renier ses origines millénaires et de s’assimiler aux turcs.

En ce sens, nous pouvons poser la question aux Turcs « Pourquoi vous battez-vous pour les Turcs de Chine, les turcs de Grèce, les Turcs de Bulgarie, les Turcs de Chypre et ainsi dire « mais qu’est ce qu’ils veulent ces Turcs » ? Il ne s’agit donc pas d’un problème Kurde mais d’un problème Turc et pour paraphraser «  Il n’y a pas de question Kurde en Turquie mais de la question Turque au Kurdistan ». 

C'était une conférence riche en émotion encore une fois pour rappeler l’odieux assassinat des Trois femmes Kurdes et riche en échange.

Par l'Eden du Dersim



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