Manifestation kurde contre la politique de criminalisation à Paris
2012-10-20 18:16:22

Quelque 150 personnes ont protesté samedi 20 octobre contre la politique de « criminalisation » des autorités françaises à l’égard des activités culturelles et politiques de la communauté kurde. Les manifestants ont demandé la libération immédiate d’Adem Uzun, membre du Comité Exécutif du Congrès National du Kurdistan (CNK).

Réunis sur la place du Président Edouard Harriot devant l’Assemblé Nationale, les manifestants ont appelé les autorités françaises à cesser de collaborer avec le régime répressif turc et à arrêter de criminaliser les kurdes.

« Nous demandons aux autorités françaises de libérer Adem Uzun » a dit le président de la fédération des associations kurdes en France (FEYKA), Mehmet Ulker, ajoutant qu’il sollicitera un rendez-vous avec le ministre de la Justice.

Le membre du Comité Exécutif du CNK a été arrêté le 6 octobre dans un bar de Montparnasse, dans le cadre d’une enquête menée par les juges antiterroristes Thierry Fragnoli et David Benichou. Le politicien kurde a été envoyé en prison le 9 octobre.

Le CNK avait alors affirmé dans un communiqué que Adem Uzun était à Paris pour organiser une conférence sur la situation du Kurdistan occidental ( Kurdistan de Syrie), tenue à l'Assemblé Nationale, le 13 octobre.

Criant des slogans tels que « Libérez Adem Uzun », « Libérez nos amis » et « Solution politique pour le Kurdistan », les manifestants ont demandé « la fin de l’oppression sur les politiciens kurdes ».

L’arrestation d’Adem Uzun était intervenue après les accusations du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, visant directement la France et l’Allemagne. «Les Occidentaux ne veulent pas que nous réglions ce problème. Je le dis clairement, l'Allemagne ne le veut pas, la France ne le veut pas et elles ne nous aident pas sur cette question », a dit le premier ministre Erdogan, lors d'un entretien télévisé accordé à la chaîne privée NTV, le 27 septembre.

« Par cette arrestation la France a répondu aux attentes d’Erdogan en portant atteinte aux fondements du système démocratiques français » a dénoncé le CNK, dans un communiqué lu lors de la manifestation devant l’Assemblée Nationale.

« Le juge en charge du dossier d’Adem Uzun, Thierry Fragnoli, est particulièrement connu pour ses arrestations d’hommes politiques kurdes » a ajouté le congrès kurde.

Selon un décompte du Réseau d’informations libres de la Mésopotamie (ActuKurde), plus de 200 kurdes ont été arrêtés depuis 2007 pour des motifs politiques, dont 51 en 2011 et 51 en 2010.

Malgré les graves accusations comme « financement du terrorisme », « blanchiment d’argent » ou même « racket » et des opérations policières médiatiques, seules deux personnes dont Adem Uzun sont aujourd’hui en prison. Toutes les personnes ont été libérées faute de preuves.

La France collabore activement avec le régime AKP, parti au pouvoir en Turquie, qui a transformé le pays en une prison à ciel ouvert.  «La France a mené plusieurs actions policières et judiciaires contre le PKK sur son territoire. La signature d’un accord de sécurité franco-turc le 7 octobre 2011 à Ankara, à l’occasion de la visite du ministre de l’intérieur, a constitué une avancée importante » peut-on lire sur le site du Ministère français  des Affaires Étrangères.

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29/05/2017 15:20:23