Turquie : 95 journalistes et 35 distributeurs de journaux en prison
2012-07-24 21:06:01

Au moins 95 journalistes et 35 distributeurs de journaux étaient emprisonnés fin juin en Turquie dans le cadre de la loi anti-terroriste, affirme le site d'information spécialisé sur les droits de l'humain Bianet, dans son rapport trimestriel à l’occasion de 104e anniversaire de la suppression de la censure.

Alors que des assassins nationalistes, auteurs des massacres commis dans les années 1980, sont libérés avec la mise en vigueur de la nouvelle réforme de la justice du régime AKP, declanchant une nouvelle vague de protestations, les journalistes restent toujours derrière les barreaux.

Le régime AKP a transformé le pays en plus grande de prison de monde pour les journalistes tout comme pour  les élus, enfants, étudiants, lycéens, syndicalistes et avocats.

Selon le rapport trimestriel du Bianet qui couvre la période du 1er avril au 30 juin 2012, les prisons turques comptaient  fin juin 95 journalistes et 35 distributeurs de journaux, dans le cadre de la loi anti-terroriste (LAT), contre 68 journalistes emprisonnés fin juillet 2011. 

Durant trois mois, 24 personnes dont six journalistes ont été condamnées à une peine totale de 91 ans, neuf mois et dix-huit jours de prison, contre  une peine totale de 44 ans et huit mois de prison prononcée au cours de la même période en 2011.

Le rapport affirme que ces journalistes et distributeurs de journaux, en majorité des kurdes, ont fait l’objet de jugements et de poursuites pour leurs activités professionnelles jugées « illégales » par les autorités.

Parmi les accusations figurent  « appartenance à une organisation terroriste et crime au nom de l’organisation » et « soutien volontaire et délibéré à une organisation terroriste». Certains journalistes sont même accusés d’avoir créé une organisation armée ou non-armée.

24 journalistes sont condamnés à des peines de prisons, tandis que 57 autres attendent toujours leur jugement dans les prisons de haute sécurité.  Il s’agit de 26 correspondants de l’agence de presse kurde DIHA, 14 journalistes d’Azadiya Welat, le seul quotidien en langue kurde,  10 journalistes du journal kurde Özgür Gündem, trois journalistes du magazine politique Özgür Halk, trois journalistes de la revue politique Demokratik Modernite et deux correspondants de l’agence kurde Firat.

De son côté, la Plateforme de soutien aux journalistes emprisonnés (TGDP) affirme que 90 journalistes dont 16 rédacteurs en chef et directeurs étaient toujours derrière les barreaux, le 24 juillet.

La suppression de la censure est un grand mensonge

« Pour la première fois depuis 104 ans, la Turquie est devenue la plus grande prison de monde pour les journalistes après l'arrivée au pouvoir de l'AKP en 2002 » a dénoncé la plateforme.

« En 104 ans, le nombre de journaux, revues et de livres saisis, détruits ou interdits est incomptable.  En 104 ans, le nombre de journalistes faisant l’objet de poursuites, de jugements ou de condamnations est incomptable (…)  Les rapports montrent que la suppression de la censure n’est  rien qu’un grand mensonge. » a-t-il ajouté.

URL:
23/04/2014 09:59:16