20.09.2014
Syrie : quelle est la politique kurde du CNS ?
2011-11-20 19:36:02
Yazdir

Le Conseil national syrien (CNS), formé à Istanbul par la Turquie et l’Occident, n’a toujours pas clarifié sa politique sur le problème kurde, alors que la démocratisation du Moyen-Orient passe par la résolution démocratique de ce problème. Pourquoi les Etats-Unis, la France et la Turquie évitent à tout prix de parler de kurdes qui sont les premières victimes du régime syrien ?

La Syrie a toujours refusé de reconnaitre les droits fondamentaux des kurdes depuis l’arrivée au pouvoir du Parti Baas dans les années 1960. Cependant, les kurdes étaient toujours dans une résistance infatigable pour une reconnaissance officielle et la liberté.

Les kurdes, dont la population estimée à 2 millions de personnes, soit environ 10 % de la population syrienne ont été victimes de fortes discriminations fondées sur leur identité, et notamment de restrictions frappant l'utilisation de leur langue dans les écoles et l'expression de leur culture.

Renforcement de l’auto-défense au Kurdistan syrien

Par contre, le régime de Bashar al-Assad évite une confrontation avec les kurdes depuis début à la mi-mars de la révolte. Face à cette situation, la principale force kurde PYD ( le Parti de l'union démocratique), considéré comme proche du PKK, a œuvré rapidement pour une autonomie démocratique, en ouvrant des écoles pour l’enseignement du kurde, des conseils du peuple pour réunir et faire participer la population dans ce processus de transition. D’après les informations obtenues, les kurdes se préparent aussi pour assurer leur auto-défense en cas d’attaques ou de massacres contre eux.

Aucune sympathie pour Assad et CNS

Les kurdes n’ont aucune sympathie pour le régime de Bashar al-Assad, mais ils n’ont également aucune raison  pour se ranger aux cotés des opposants du Conseil national syrien (CNS) soutenu par l’Occident. Ce conseil a été formé à Istanbul, dont les premiers composants sont les Frères Musulmans et selon le PYD,  le conseil a conclu un accort anti-kurde avec le gouvernement AKP du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. L’accord envisagerait notamment d’empêcher la reconnaissance constitutionnelle du peuple kurde.(Voir : http://www.actukurde.fr/actualites/moyen-orient/495-le-conseil-national-syrien-aurait-signe-un-accord-contre-les-kurdes.html)

Obama assure Erdogan de son soutien contre les kurdes

Selon les analystes, l’administration américaine a également assuré le gouvernement turc de son soutien pour que les kurdes n’aient aucune autonomie en Syrie, ce qui explique la participation active de la Turquie d’Erdagan dans l’intervention contre la Libye et pourquoi Erdogan a abandonné son « ami » Bashar Al Assas.

Le seul souci de la Turquie, c’est d’empêcher les kurdes d’avoir des droits et d’instaurer un nouveau pouvoir complice. Ce dernier est un objectif commun avec les pays européens et les Etats-Unis, comme on a témoigné en Tunisie et en Libye.

Où étaient les « opposants » quand le régime massacrait les kurdes ?

Le positon indépendant des kurdes qui sont pour une troisième voie dérangent surement ces pays qui souhaitent que les kurdes se rangent aux cotés des Frères Musulmans.

Sachant que ces « opposants » qui se présentent comme des « partisans de la liberté » étaient absents et même soutenaient le régime syrien quand plus de 30 kurdes ont été massacrés lors du soulèvement en Mars 2004.

Comment croire à la Turquie d’Erdogan

Alors que la Syrie avance vers un nouvel avenir, aucun mot n’a toujours été prononcé sur les kurdes, ni par la Turquie, ni par la France de Sarkozy, ces deux pays qui se prétendent comme des « sauveurs des peuples  opprimés ». Comment croire à une Turquie qui refuse de reconnaitre la nation kurde depuis 90 ans et commet toujours des massacres devant les yeux de tout le monde? La politique kurde de la Turquie fondée sur la négation et de destruction a toujours été pire que celle des autres pays.

Champion du monde des violations devient sauveur!

Quelle ironie insultante ! Un pays qui est champion du monde des violations des droits de l’homme est présenté par les pays européens comme un « modèle » de la démocratie pour le monde arabe et envoyé pour « sauver » les kurdes ! Rappelons que « grâce à Erdogan et ses complices », la Turquie est aujourd’hui devenue la plus grande prison du monde pour les journalistes avec 70, les syndicalistes avec une quarantaine,  les étudiants avec 500, les enfants avec des centaines et les élus dont 18 maires et 8 députés.

Un scenario à la libyenne ?

Selon les analystes, un scenario à la libyenne est en vue, sauf que cette fois il y a des problèmes ethniques, ce qui rend imprévisible les conséquences d’un tel scenario.

Le régime syrien s’est renouvelé plusieurs fois entre 1945 et 1963, sans avoir donné une place au peuple kurde qui, de son coté, n’a pas su profiter de la situation. Aujourd’hui, les kurdes veulent à tout prix trouver leur vraie place en Syrie, en comptant sur leur propre force. Ils sont conscients qu’il y a une opportunité historique qui ne doit pas être ratée.

Quelle est la différance entre CNS et Assad?

Admettant que ce peuple divisé entre quatre pays est la clé de la démocratie au Moyen-Orient, le CNS et ses parrains doivent immédiatement clarifier leur politique kurde.

« Quelle est la différance entre la position du CNS et celle du régime du Bashar al-Assad sur le problème kurde ? », telle est la question qui attend une réponse concrète.



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