Trois prisonniers politiques kurdes ont été condamnés à mort par le régime iranien pour mohareb (inimitié à l'égard de Dieu), en raison de leurs activités politiques.
La cour du “tribunal révolutionnaire” de Mahabad a prononcé le 12 avril dernier la peine de mort pour Sirwan Nijawi et Ibrabim Isa Pour, tous deux originaires de Sardasht au Kurdistan iranien, a-t-on appris de sources kurdes.
Arrêtés le 14 juin 2011 et transférés récemment de la prison de Mahabad vers celle d’Oroumieh, ils sont accusés de mouhareb et de collaboration avec un parti kurde contre le régime.
Le troisième prisonnier, Hosheng Razai, a été condamné à mort par un tribunal de Teheran à l’issue d’un procès qui n’a duré que quelques minutes, la semaine dernière, pour « collaboration » avec un parti kurde. Incarcéré à la prison d’Evin depuis deux ans, il n’a pas eu le droit d’accès à un avocat durant le procès.
Ces sentences interviennent quelques jours avant le 2e anniversaire de l’exécution de cinq prisonniers politiques kurdes dont trois instituteurs et une femme activiste.
Le 9 mai 2010, les instituteurs Farzad Kamangar, Ali Heydarian et Farhad Vakili, la femme activiste kurde Shirin Alam Hooli et un autre prisonnier politique Mahdi Eslamian avaient été exécutés à Teheran, ce qui avait déclenché une vague de protestations tant à l’intérieur qu’au niveau international.
Appel à manifestation
A l’occasion de l’anniversaire de ces exécutassions, les organisations kurdes en Europe ont appelé à une manifestation le 12 mai devant le parlement suédois pour protester contre le régime iranien.
Le 15 avril dernier, le principal mouvement armé et populaire PJAK avait averti l’Iran de « rompre le cessez-le-feu », en cas d’exécution de Habibolla Gulperipour, un prisonnier politique kurde. « L’exécution des prisonniers politiques est notre ligne rouge (…) et une raison pour la guerre » a affirmé le PJAK dans un communiqué.
Arrêté en octobre 2009, Habibollah Gulperipour a été condamné à mort par un tribunal de Mahabad pour appartenance au PJAK et « mohareb » (inimitié à l'égard de Dieu), en avril 2010. Après l’approbation de la Cour Suprême iranienne en janvier 2011, Gulperipur a été envoyé à la prison d’Orumieh. Il a mené des grèves de la faim pour protester contre la peine de mort et les conditions d’incarcération.
En février 2012, le prisonnier kurde a été emmené dans un centre de détention de la prison de Simnan, régi par le sinistre ministère des renseignements Iranien. Les agents de ce ministère aurait prévenu le prisonnier à plusieurs reprises de l’exécution prochaine de la peine capitale.
Le 24 avril, au moins quatre soldats iraniens avaient été tués à Pawe, au Kurdistan iranien, dans des combats entre le PJAK et l’armée iranienne.
Le PKK qui lutte contre le régime Ankara depuis 30 ans avait appelé le 28 avril au retour au calme, demandant la poursuite du cessez-le-feu, déclaré le 5 avril 2011 après plusieurs jours de combats intensifs.
21 prisonniers politiques kurdes menacés d’exécution
Dix prisonniers politiques kurdes ont été exécutés depuis 2007 par le régime iranien. Au moins 21 autres seraient toujours dans le quartier des condamnés à mort en raison de leur appartenance présumée à des organisations kurdes interdites et de leurs activités pour le compte de ces groupes.
Il s'agit de, Habibollah Latifi, Hebibulla Gulperipour, Sherko Moarefi, Anvar Rostami, Rostam Arkiya, Mostapha Salimi, Hassan Talai, Iraj Mohammadi, Rashid Akhkandi, Mohammad Amin Agoushi, Ahmad Pouladkani, Sayed Sami Hosseini, Sayed Jamal Mohammadi, Loqman Moradi, Zanyar Moradi, Aziz Mohamadzadeh, Abdoullah Sirouri, Bakhtiar Mimari, Hosheng Razai, Sirwan Nijawi, Ibrahim Isa Pour.