18.09.2014
Les prisonniers politiques kurdes et palestiniens en grève
2012-04-17 18:02:12
Yazdir

Au moment où 500 autres prisonniers politiques kurdes en Turquie annoncent qu’ils rejoindront la semaine prochaine la grève de la faim lancée le 15 février, quelque 1.200 détenus palestiniens entament une grève de la faim dans les prisons d’Israël. La santé de  15 grévistes kurdes à Strasbourg se dégrade avec chaque heure qui passe.

Des milliers de kurdes, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur des la prison, observent des grèves de la faim depuis 15 février. Le nombre de prisonniers politiques en grève de la faim atteindra les 2 000, le 24 avril, tandis que la grève de la faim illimitée de 15 kurdes qui se poursuit à Strasbourg depuis 1e mars est déjà entrée dans une phase très critique.

De la prison d’Izmir à celle d’Edirne, dans seize prisons, 500 autres détenus rejoindront la grève, affirment les prisonniers du PKK dans un communiqué. Ils exigent la fin de l’isolement du chef du PKK, Abdullah Öcalan, emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999 et interdit de rencontre avec ses avocats depuis le 27 juillet 2011, soit plus de 260 jours, ainsi que la cessation de la répression fasciste et raciste contre le peuple kurde,  l’arrêt de la « terreur policière » visant les opposants et des opérations militaires. 

Prisonniers politiques kurdes en grève depuis 15 février

Après le lancement de la grève illimitée le 15 février par plus de 400 prisonniers politiques, 600 autres qui avaient pris le relais le 8 mars ont, à leur tour, laissé leurs places à 500 autres le 1e avril. Parmi eux, 15 prisonniers n'ont mis fin à leur action qu'au 52 e jour de grève, le 12 avril, après que leurs revendications aient été en partie satisfaites par les autorités pénitentiaires. Ces derniers protestaient contre  les conditions inhumaines et les tortures quotidiennes dans la prison d’Osmaniye. Un rapport de la commission des droits de l’homme du parlement turc, publié le 8 avril, dénonçait également ces conditions « telles que l’époque de la junte militaire de 1980 ».

Aujourd’hui, plus de 130.000 personnes sont dans les prisons turques, contre un peu moins de 60.000 en 2002, l’année où le parti AKP de premier ministre Recep Tayyip Erdogan est arrivé au pouvoir.  42,30% des ces détenus étaient en détention administrative à la fin de 2011, selon le dernier rapport de l’Association des droits de l’Homme (IHD), intitulé « l’institutionnalisation de l’État policier ».  Plus de 12.600 arrestations politiques et 3.252 cas de torture et de mauvais traitement ont été constatés au cours de l’année 2011, affirme le même rapport.

L’état de santé de 15 grévistes à Strasbourg en phase critique

De leur coté, le 15 kurdes en grève de la faim illimitée devant l’Eglise St. Maurice de Strasbourg appellent le Conseil de l’Europe à mettre à l'ordre du jour de l'Assemblée Parlementaire la résolution du problème kurde et le Comité pour la prévention de la torture (CPT), seule organisation à pouvoir visiter la prison d’Imrali où le chef du PKK, à agir auprès de la Turquie afin de mettre fin à l’isolement d’Öcalan.

La santé de ces grévistes se dégrade avec chaque heure qui passe. Quatre grévistes ont été hospitalisés, au 46e, 41e, 38e et 36e jour, mais ils ont refusé d’être soignés. Le médecin kurde Fahrettin Gulsen qui surveille sur place la santé des grévistes affirme que la situation est très sérieuse. « Ils risquent leurs vies. À tout moment, il peut arriver quelque chose » a-t-il dit.

Forte mobilisation des kurdes en Europe

Les kurdes restent fortement mobilisés en Turquie et en Europe pour faire entendre la voix des grévistes, sans toute fois se faire remarquer dans les grands médias. Les jeunes et les femmes kurdes visitent les médias, occupent les bateaux ou les bâtiments officielles, organisent des marches et des meetings, collectent des signatures et observent des grèves de la faim limitées, de 2 à 5 jours, dans 150 associations kurdes à travers l’Europe ou dans quatre parties du Kurdistan, partagé entre l'Iran, la Turquie, l'Irak et la Syrie.
 
1.200 détenus palestiniens en grève

Parallèlement,  quelque 1200 détenus palestiniens ont lancé le 17 avril une grève de la faim qui se poursuivra jusqu'à ce qu'ils soient entendus, tandis que 2.300 autres ont décidé de refuser la nourriture pendant 24 heures, selon les médias occidentaux, citant les services pénitentiaires israéliens.

Les prisonniers politiques palestiniens dénoncent les détentions à l'isolement, les obstacles posés aux visites familiales, les fouilles au corps infligées aux visiteurs ou les "détentions administratives", qui peuvent durer indéfiniment sans aucune charge. Selon le Club des prisonniers palestiniens,  plus de 4.700 Palestiniens se trouvent dans les prisons d’Israël.



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