26.03.2017
Détournement du ferry turc : le militant serait exécuté
2011-11-12 19:19:13
Yazdir

Le militant kurde qui a détourné un ferry turc transportant 24 personnes sur la mer de Marmara serait exécuté à la suite d’une opération suspecte, dénonce une organisation de défense des droits humains.

Le militant kurde, nommé Mensur Guzel, originaire de Diyarbakir, a été tué samedi 12 novembre dans des conditions non élucidées, 12 heures après le détournement.  Selon les autorités  et les medias turcs, des commandos de l'armée et de la police ont pris d'assaut le ferry à l'aube et tué le preneur d’otages.

Depuis vendredi soir, les responsables turcs font des déclarations contradictoires sur la prise en otage. Le gouverneur de Kocaeli, Ercan Topaca, a annoncé  que le militant ne transportait pas de bombe et il a même émis des doutes sur ses liens avec le PKK.

De son coté, le gouverneur d’Istanbul, Avni Mutlu, affirmé qu'un engin avait été trouvé sur le militant mais il a dit qu’il n’y a pas eu d’affrontement au cours de l’opération qui s’est soldé par la mort du militant kurde.  

Quelques heurs plus tard, le ministre de l'Intérieur Idris Naim Sahin a affirmé sur NTV que l'homme transportait « trois charges d'explosif de type A-4, de 450 grammes chacune, au milieu de bouteilles vides », qualifiant l’opération de « succès », sans le moindre détail sur le déroulement de cette opération suspecte.

Militant kurde était un soldat déserteur

Le militant kurde, né en 1984 à Kulp, dans la province de Diyarbakir, chef-lieu du Kurdistan de Turquie était un membre du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte depuis 30 ans contre le régime turc. Mensur Guzel avait déserté en juillet 2008 les rangs de l'armée pendant son service militaire obligatoire pour rejoindre le PKK.

Exécution extrajudiciaire

Pour la branche d’Istanbul de l’association des droits de l’homme (IHD), il s’agit d’une exécution extrajudiciaire, affirmant  que les autorités n’ont pas essayé de convaincre le militant avant de le tuer. « Cette intervention est contraire à la loi, au droit humain et au droit international » a dit Abdulbaki Boga, responsable de la branche d’Istanbul de cette association.

Il a dénoncé l’intolérance des autorités face aux revendications des militants kurdes, alors que des militants tchétchènes portant des kalachnikovs qui avaient détourné un bateau en 1996 au large de Trabzon, avaient été considérés comme des « héros » et « des enfants courageux ».

Médias turcs ont agit selon le directif du gouvernement

Les médias turcs ont également reçu le directif du gouvernement AKP du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, quelques minutes après les premières dépêches sur le détournement et tout à coup, les chaines de télévision ont fait disparaitre les « flashs » d’information sur leurs écrans. Le directeur de publication de Haberturk TV, Yigit Bulut, a dit vendredi soir que le gouvernement Ankara a donné l’ordre de retirer les flashs d’informations.

Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait incité les journalistes à faire preuve de recul dans leur couverture du conflit, à ne pas relayer la propagande du PKK, et à prendre en compte les conséquences de leur travail, lors d’une rencontre avec les propriétaires et directeurs de la publication de plusieurs médias nationaux, le 21 octobre.

Cinq des principales agences de presse turques (Agence Anatolie (AA, AHT, ANKA, CIHAN et IHA) avaient même annoncé, dans un communiqué joint publié le 24 octobre, qu’elles s’engageaient à observer la ligne officielle.

« On espérait que l’époque où les autorités donnaient aux médias des directives pour la couverture des sujets les plus sensibles était révolue en Turquie. L’engagement des principales agences de presse à observer la ligne officielle, dans une formulation extrêmement vague, fait aujourd’hui peser de sérieuses menaces sur la liberté de l’information”, avait alors déclaré Reporters sans frontières.



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