17.04.2014
Grève de la faim des Kurdes: Sénateur français écrit au Conseil de l’Europe
2012-03-28 19:02:39
Yazdir

Le sénateur de la Seine-et-Marne et vice-président de la délégation parlementaire française à l'O.S.C.E, Michel Billout écrit une lettre au secrétaire général du Conseil de l'Europe pour attirer l’attention sur les grèves de la faim menées à Strasbourg et dans les prisons turques.

Dans cette lettre adressée à Thorbjorn Jagland, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, le vice-président de la délégation parlementaire française à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) souhaite que le secrétaire réponde favorablement aux associations kurdes d’Europe qui sont dans l’attente d’une rencontre avec lui.
 
Le sénateur Michel Billout rappelle que des centaines de prisonniers politiques sont en grève de la faim illimitée depuis 15 février, tandis que quinze autres kurdes dont cinq femmes ont entamé une grève de la faim à Strasbourg le 1er Mars.

La santé des grévistes se dégrade

Le 8 mars dernier, le nombre des prisonniers politiques en grève atteint un millier avec la participation de 600 autres.  La santé de tous les grévistes se dégrade de plus en plus. Le docteur Fahrettin Gulsen qui surveille les grévistes à Strasbourg  affirme qu’il a constaté une perte de poids jusqu’à 15 kilos chez les grévistes qui souffrent notamment d’épuisement, de problèmes de vue, de pouls et de tensions. Ils ne boivent que de l’eau salé et sucré.

Pour soutenir les grévistes de la faim illimitée, des milliers de kurdes observent des grevés limitées, entre deux et cinq jours, dans plus de 150 associations à travers l’Europe. Ces groupes composés de 15 à 50 personnes laissent régulièrement leurs places à de nouveaux groupes au bout de leur grève.

Les revendications

Les grévistes protestent contre l’isolement du leader kurde Abdullah Öcalan, emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999 et interdit de rencontre avec ses avocats depuis le 27 juillet 2011. Ils demandent la libération d’Öcalan et tous les prisonniers politiques, la reconnaissance officielle des droits collectifs du peuple kurde dans la constitution, notamment la reconnaissance de l’identité kurde et le droit à l’enseignement en kurde.

L'action des grévistes vise à dénoncer les opérations massives d'arrestations menées par la police turque contre l'opposition kurde. Près de 7 000 membres actifs du parti kurde BDP dont 31 maires sur 98 et six députés sur 36 sont actuellement en prison dans le cadre d’une campagne de répression lancée en 2009.  Chaque semaine, des dizaines d’autres s’ajoutent à cette liste.
 
Ils appellent le soutien des institutions européennes

« Du 12 au 16 février dernier, je me suis rendu au Kurdistan, dans la région de Diyarbakır. Pendant mon séjour, il y a eu près de 160 arrestations le lundi 13 février et plus de 450 le mercredi 15 lors de manifestations pacifiques. A ces arrestations, il faut ajouter les violences exercées par l'autorité Turque à l'encontre des populations civiles kurdes, notamment lors de la célébration du Newroz 2012 » affirme le sénateur dans sa lettre.

Il écrit : « Face à l'oppression, les militants kurdes ont donc entamé cette action ultime, mettant leur propre vie en danger, pour attirer l'attention des instances internationales. Dans ce contexte, ils appellent le soutien des institutions européennes à entendre les revendications kurdes, et sollicitent l'intervention du Comité européen de prévention de la torture, seule organisation à pouvoir visiter la prison d’Imrali où le chef du PKK est détenu.

Dans ce cadre, je soutiens donc la demande de rencontre que vous ont formulées les associations Kurdes d'Europe et souhaite que vous y répondiez favorablement. Dans cette attente, je vous prie de croire, monsieur le secrétaire général, et l'assurance de mes sentiments les plus respectueux. »



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