23.04.2014
Un kurde tué dans l’explosion de bombe à sous-munitions
2012-01-02 16:05:09
Yazdir

Un villageois kurde a été tué dans l’explosion d’une bombe à sous-munitions, lancée par l’armée turque contre la région de Zakho, au Kurdistan irakien.

Hadji Hissen Ahmad, âgé de 80 ans, a été tué dimanche 1e janvier vers 16h30 dans l’explosion d’une bombe à sous-munitions, à son retour au village Dola Marsise, dans la région de Zakho, a-t-on appris de sources kurdes. 

On ignore quand ces bombes ont été lancées sur ce village, mais l’armée turque bombarde presque chaque jour depuis 17 Août 2011 les zones du PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan, où se trouvent des centaines de villages.

L’armée turque fait souvent usage de ces armes lors des bombardements visant notamment les villages du Kurdistan irakien et les zones du PKK, sous le silence total de la communauté internationale.

Des bombe à sous-munitions ont été lancées au moins trois reprises au cours du mois de Novembre 2011, contre la région de Zap, sous contrôle du PKK dans le nord d’Irak, et la région d’Uludere, dans la province de Sirnak au Kurdistan de Turquie. En septembre dernier, la région de Khakurk avait également été visée à trois reprises par des obus contenant des bombes à sous-munitions.

L’utilisation des bombes à sous munitions, ainsi que des bombes au phosphore contre la région de Qandil au Kurdistan irakien avait été photographié en janvier  2009. Les autorités kurdes l’avaient aussi confirmé le 10 janvier après une enquête dans la région. Ignorant les protestations, la Turquie avait de nouveau bombardé le 10 avril 2009 la région de Zap, faisant usage d'armes à sous-munitions.

En aout 2008, un civil âgé de 70 ans a été tué par une de ces bombes dans un village de Sidekan, à 100 km au nord-est d'Erbil, capital du Kurdistan.

Se trouvant parmi les pays qui produisent ou ont produit de telles armes, la Turquie refuse de signer le traité d’interdiction des bombes à sous-munitions (BASM), entré en vigueur le 1er août 2010 après la signature de 96 pays en décembre 2008. 

Plus de 110 pays dont la France ont acté l'interdiction totale et définitive de ces armes explosives aux conséquences humanitaires désastreuses. Polluant au moins 37 pays à travers le monde, les BASM continuent aujourd'hui à tuer et à mutiler des civils, selon Handicap International, Observatoire des armements, Coalition contre les sous-munitions, Human Rights Watch, Amnesty International et Oxfam.

98 % des victimes sont des civils

Cependant, l’Handicap international 2011 faisait état d’au moins 166 institutions financières de 15 pays qui fournissent plus de 39 milliards de dollars US d’investissement et de services financiers à huit producteurs de bombes à sous-munitions, dans son rapport « Worldwide investments in cluster munitions ; a shared responsibility » publié en mai.

5 à 40 % des sous-munitions n'explosent pas à l'impact, se transformant, de fait, en mines antipersonnel. Selon Handicap international, parmi 13 306 victimes d’armes à sous-munitions recensées par ses soins, 98 % sont des civils et 27% des enfants.



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