Un kurde souffrant d'hémorroïdes a été arrêté par la police turque parce que « son allure était irrégulière », lors d’une visite à l’hôpital. La police l’accusait d’avoir participé à une manifestation violente à Istanbul pour dénoncer l’invalidation du siège d’un militant kurde, alors qu’il n’était pas un manifestant.
Les kurdes ont obtenu un score historique dans les élections législatives du 12 juin, malgré la répression quotidienne de la police, les fraudes massives et le seuil électoral de %10. Mais huit jours après les élections, les autorités turques ont invalidé le siège de Hatip Dicle, une figure emblématique de la cause kurde, actuellement en prison. La justice turque a également refusé de libéré cinq autres militants kurdes, élus avec un recors de voix. Finalement, le Bloc "Travail, Démocratie et Liberté" à l’initiative du BPD, principal parti kurde, a décidé de boycotter le parlement turc.
Alors que le gouvernement AKP refuse de prendre des mesures concrètes pour apaiser la crise, la police réprime violemment les manifestations pour la libération de six militants élus, faisant usage excessif et abusif de gaz lacrymogènes.
Le 26 juin, une manifestation pacifique avait dégénéré en heurts à la suite de l’intervention violente de la police. Azize Tas, une femme de 66 ans, membre du mouvement « Mères de la Paix », a reçu des coups de pied pendant plusieurs minutes alors qu’elle était par tombé par terre. Une autre femme, Sadiye Acet, a été hospitalisée après avoir subi des électrochocs par un policier civil. Un handicapé de 32 ans a été blessé, recevant un coup de matraque à la tête.
Quatre élus kurdes ont été également affectés par des gaz lacrymogènes, dont deux d’entre eux ont été hospitalisés, lors de cette manifestation.
Parmi les 32 personnes arrêtées figurent des gens qui n'ont pas participé à cette manifestation, mais la police n’a pas hésité à procéder à des arrestations brutales et abusives.
M.A, un kurde souffrant d'hémorroïdes dit avoir été arrêté alors qu’il se rendait à l’hôpital de Sisli Etfal, parce qu’il avait mal au dos qui lui empêchait de marcher correctement. « Vient ici, tu as été blessé dans la manifestation puisque tu marches comme ça » a dit la police, selon M.A.
I.M., un autre kurde âgé de 21 ans, arrêté par la police après la même manifestation, affirme qu’un citoyen turc, un couteau à la main, s’est approché du lui en demandant « est-ce que tu es kurde ? ». « J’ai eu peur parce qu’il avait un couteau et j’ai dit oui, puis il m’a frappé avant de me rendre à la police »
La police turque avait déjà arrêté des dizaines de jeunes et d’enfants kurdes parce que « leurs mains étaient salles » ou « ils avaient des sueurs », supposant qu’ils ont participé à une manifestation ou qu’ils ont jeté des pierres à la police.