25.05.2017
Les pirates rouges défient les autorités turques -Interview
2012-10-22 14:37:06
Yazdir

RedHack ou les pirates rouges ont beaucoup fait parler d'eux ces derniers temps. Les actions de piratage à caractère politique ne cessent de se multiplier contre les institutions officielles, la police, l'armée et le ministère des Affaires étrangères. S’infiltrant dans leur système informatique, ces activistes protestent contre les politiques répressives du gouvernement de l'AKP. Redhack a attiré l'attention du public en publiant des documents secrets saisis.  Récemment, l'accès aux sites de la police, du ministère de l'Intérieur, du ministère de l’Éducation et de Turkish Airlines ont été bloqués.

En Mars 2012, 17 jeunes supposés être membre de RedHack ont  été placés en garde à vue, 7 d'entre eux ont été arrêtés, les autres ont été remis en liberté dès la première audience. Le parquet d’Ankara a réclamé des peines allant de 8,5 à 24 ans de prison. L’acte d’accusation a été remis le 8 octobre à la 13e cour d’assise d’Ankara, créé dans le cadre de la loi anti-terroriste.  RedHack avait déclaré qu'il n'avait rien à voir avec eux et avait lancé des actes de représailles pour obtenir leur libération.

Fondé en 1997, le groupe continue de faire parler de lui, en dépit de la censure. Les autorités auraient même déposé un avis de recherches auprès de l'Interpol contre ces activistes.

Comment se décrivent-ils, comment sont-ils organisés, ont-ils une hiérarchie, quels sont leurs objectifs, comment sont-ils protégés et qu'ont-ils découvert lors des attaques contre les institutions de l’État?

Répondant à nos questions, le membre du groupe surnommé « @ R3dH4ck1 », dit avoir en sa possession une grande partie de documents non publiés, soulignant que les institutions ne sont pas bien protégées contre les cyber-attaques.

REDHACK, UN MOUVEMENT MARXISTE / LÉNINISTE

-ActuKurde : Comment décririez-vous RedHack? Y a-t-il une hiérarchie? Quels sont les principes de base? Qui peut devenir membre et qui ne peut pas?

@ R3dH4ck1 : RedHack actif depuis 1997, son organisation et ses activités à caractère marxiste / léniniste, fondé sur le Manifeste Communiste de 1848 sont par définition un mouvement socialiste / communiste.  

Liée par la camaraderie, complétée par la morale révolutionnaire, il ne serait pas correct de qualifier  cette organisation comme étant hiérarchisée. Par contre, il existe un noyau dur déterminant non seulement le style d'action et de propagande mais qui reste très actif.

Appeler ce noyau Comité Central serait plus exact car dans un mouvement révolutionnaire seule cette distinction hiérarchique peut être valable. Sinon, il est en aucun cas question de hiérarchie.
Les principes de base peuvent se résumer comme étant une opposition à l'approche fasciste et à toutes distinctions de la race, la langue, la religion, le sexe.

Une autre lutte est l'axe principal de RedHack : se dresser contre les sales coups joués par l'impérialisme et ses collaborateurs ; en particulier l'impérialisme / les puissances dominantes dans le monde exerçant leur cruauté, l'injustice et la guerre pas seulement en Turquie mais aussi dans le Monde.

Nous ne garderons pas le silence à l'égard de toutes personnes utilisant RedHack à des fins personnelles incompatibles à la morale révolutionnaire.

RedHack n'a jamais utilisé le concept de membre et considère comme camarade tous ceux qui froncent les sourcils et lèvent le poing face à l'injustice, l'oppression, la discrimination. Il n'y a pas de place chez RedHack aux fascistes, aux bigots, à ceux qui se présentent comme étant révolutionnaires mais ayant des pratiques contraires et ceux en accord avec les discriminations mentionnées ci-dessus.

Redhack ne vit pas la division du mouvement révolutionnaire. Les factions d'idées loin de l'autre / suspendues, mais en substances, croyant dans la lutte des classe est considéré comme frère.

-Vos actions semblent être à caractère politique. Comment sont déterminés vos objectifs ?

Oui, nos actions et nos discours sont à caractère politique. Parce que la politique pour nous, se définit par la « démocratie » ; ainsi, il convient donc d'affronter dignement ce qui est mis en œuvre en Turquie : toutes les structures n'étant pas au service du peuple.

C'est-à-dire que la politique est notre vie. Nos objectifs et l'intensité de notre propagande se déterminent selon la conscience publique blessée par l'application d'une politique menée par les institutions (qui sont la plupart du temps les États et gouvernements) ; ainsi que les politiques des puissances mondiales mentionnées ci-dessus menées jusqu'à maintenant.

ET SI LA TURQUIE AVAIT UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE ?

-Qu'avez-vous découvert après avoir infiltré les institutions « forteresses » de l'État, soit derrière ce mur de la peur ? Comment et jusqu'à quelle mesure est-il protégé ?

En fait, RedHack combat depuis assez longtemps pour connaître les failles et pénétrer le système. Il semble dans de nombreuses actions, que les institutions publiques sont sans protection et un système de traitement de l'information est géré par des personnes incompétentes. Rien que pour ces découvertes, on nous doit des remerciements.

Une américaine est à la fonction du sous-secrétariat de la sécurité publique / cyber-sécurité, ceci illustre bien la manière dont le pays est entre les mains des États-Unis. Voici un autre exemple de collaboration active du gouvernement turc avec les puissances impérialistes. Inutile de mentionner  la politique à l'égard de la Syrie.

La peur est un instrument de manipulation, et dans ces États capitalistes, la terreur, les épidémies, les catastrophes naturelles, les armes,  provoquent le nationalisme et l’intimidation.

La Turquie n'a jamais essayé d'être l'exception. Il y a une volonté de créer des politiques sur la base de l'empire fasciste, de refus, d'assimilation, de l'aliénation et de la peur.

RedHack le dit constamment : une poignée de socialiste arrive à faire ceci, qui sait à quoi ont accès les services secrets d'autres pays ? Heureusement que le pays n'a pas un réacteur nucléaire comme celui de l'Iran.

NOUS N'AVONS PAS LE DROIT D'AVOIR PEUR !

-En Turquie, tout comme les opposants kurdes ou de gauche, les pirates informatiques ayant pris pour cibles les sites Web du gouvernement sont accusés de « terrorisme » et font l’objet à de lourdes peines de prison. Cela ne fait-il pas peur ?

Pensez-vous que c'est une chose inattendue ? Nous croyons ceci : tout être vivant apprivoisé par son propriétaire lui doit obéissance, nous n'avons pas de propriétaire. De la même manière, nous n'avons aucun lien direct ou indirect, avec une organisation ou un service ou avec l'État. L'essentiel est le peuple et son combat.

Il y a 49 000 « terroristes » qui sont emprisonnés dans le monde dont 27 000 en Turquie. N'est-il pas évident que ce pays a un problème de « terrorisme » et de définition de terrorisme ?

Siti Sen, une femme kurde âgée de 80 ans, a été accusée d’appartenance à une organisation « terroriste ». Mais c’est une insulte à l'intelligence du peuple kurde et aux centaines de milliers de victimes du terrorisme ; ceci est un signe que les auteurs des meurtres sont encore inconnus.

N'avons-nous pas peur ? « Il n'y a pas de honte à avoir peur de la mort et de sa pensée » a dit Nazim Hikmet, poète communiste turc.  Erdal Eren, un jeune militant de gauche pendu dans la prison d'Ulucanlar alors qu'il avait à peine 17 ans, n'avait pas peur, avons-nous le droit d'avoir peur dans ce cas ?  « Et moi, j'offre mes 24 ans d'existence à ce pays » déclarait Deniz Gezmis, un révolutionnaire Marxiste-Léniniste pendu le 6 mai 1972, en a-t-on le droit ?

Et d'autre part, un État signataire de la convention sur les zones humides Ramsar construit facilement une centrale nucléaire à Sinop, ce qui résume bien la notion de droit et de la justice du pays.

De quelle justice peut-on parler dans un pays qui est régulièrement classé parmi les trois premiers pays violant les droits de l’homme, dans un pays où des démocrates, journalistes et étudiants pourrissent dans les prisons sans inculpation depuis plusieurs années?

Tout comme la majorité de la population, nous aussi avons perdu la foi en la justice. Comprendre le fait de nous qualifier d'organisation armée terroriste est impossible. Vivant avec un budget restreint, nous promettons à ceux qui pensent que nous sommes armées : en cotisant notre argent, nous allons acheter des pistolets à eau.

Nous gagnons la force par le peuple. Lorsque notre compte Twitter a été fermé, nous avions 40 000 followers. Maintenant le compte @ TheRedhack a plus de 50 000 followers (sans compter les followers de @RedHack_EN et les autres comptes de soutien).

L'ÉTAT CRÉE DES COUPABLES VIRTUELS

-Que pouvez-vous dire sur les moyens utilisés par le régime pour lutter contre l’activisme informatique et les sites d’informations opposants : quel est le type d'organisation, comment est-il dirigé ?

Fréquemment, ils organisent des séminaires, des cocktails, distribuent des plaquettes et remettent des prix. Ils ne cessent de dire que l'action est plus efficace comme ceci, et différente comme cela, et va être mise en œuvre de cette manière …

Souvenez-vous, au mois d'avril, le prix « Sécurité Internet » attribué à BTK (Institut d'Information Technologique), a été retiré par RedHack au mois de mai. Avec l'aide de l'État, les autres groupes d'hackers organisent des opérations contre différents pays, « Islamic hackers » en tête ; il est naturel que dans un pays où ces personnes proches de l'État ne ressentent pas le besoin de masquer leur visage et condamnent les protestations contre l'inégalité des revenus, le fascisme, la lutte des classes.

Nous avons fait part que nous n'allions pas rester silencieux face aux menaces de publication d'information personnelle sur les démocrates. Il n'y a pas eu de suite. Après la publication de quelques documents, 4 des 7 détenus au nom de RedHack ont été libérés.

Ce concept peut sembler étrange pour la plupart des gens, mais dans ce pays, si on parle d’illégalité, il s'agirait plutôt d'une illégalité d'État. 

LORSQU'ON NOUS ARRÊTERA, ON GARDERA LA TÊTE HAUTE

-Quelles sont les méthodes de la police pour identifier vos membres ? Y a-t-il, par exemple, des tentatives d’infiltrations dans votre groupe ? Comment remarquez-vous ces types d’activités de la police ? 

Sans abusée, l'ordre du jour caché de la  police, des services de renseignements, des pirates étatiques/ islamiques est RedHack. Par exemple, ils vont créer des faux comptes de soutien à RedHack et réalisent des actions de soutien. Et ceci est le plus amusant. Ils s'instrumentalisent eux-mêmes. Expliquer certaines de leurs méthodes n'est pas utile. Par contre, ce serait une insulte à notre intelligence si nous ne remarquions pas ces pratiques incompatibles et insultes aux mouvements révolutionnaires.

D'autre part, nous nous sommes jamais dit « on ne se fera jamais arrêter » … Ils peuvent nous arrêter, mais ils doivent accepter que les idées révolutionnaires ne seront jamais emprisonnées. Et le jour où on sera arrêté, on restera tête haute.

NOUS AVONS BEAUCOUP DE DIVERGENCE AVEC ANONYMOUS

-Vous avez eu avec Anonymous des actions conjointes. Cependant, certains sites d'opposition ont été la cible des hackers qui se disent appartenant au groupe des Anonymous. Quelles sont les objectifs communs d'Anonymous et Redhack ? Quelles sont vos points de divergences ?

C'est un fait qui ne lie qu'Anonymous. Il n'est pas possible de classer Anonymous dans une seule catégorie. De la même façon, certains ont utilisé notre nom pour pirater leurs propres sites. Quelques fois, Anonymous et RedHack ont eu des actions communes et des actions de soutiens.

En fin de compte, il existe une très nette distinction entre Anonymous et un mouvement qui se qualifie de « socialiste / communiste ». Mais nous pouvons dire avec confiance : Anounymous a un point de vue différent de RedHack par rapport à d’autres groupes. Les amis d'Anonymous savent que nous menons une lutte politique et universelle. Ils le disent eux-mêmes, ils ne rencontrent pas tous les jours un groupe comme le nôtre, avec un discours suscitant le respect.

NOUS COOPÉRONS AVEC PLAISIR AVEC ANONYMOUS

Nous sommes heureux de coopérer avec des personnes luttant contre la pédophilie, le viol, les ennemis de la liberté d'expression … A vrai dire, notre message au sujet d'Anonymous est le suivant : il sera toujours question de collaboration contre les traitements inhumains et indignes.

Ceux qui ont tenté de s'exprimer en exerçant des actions indignes au nom d'Anonymous Turquie, ont été condamné par Anonymous même. Anonymous soutient ouvertement le mouvement socialiste / communiste RedHack car son champ d'application est net, ses principes et ses dévouements sont universels.

Aujourd'hui, les exclus de RedHack tentant de parler au nom d'Anonymous sont, dans la même heure, démenti et condamné.

Sur les comptes officiels (d’Anonymous) ont été publiés des messages de soutien, de fraternité, et de confiance. Cette lutte n'est pas une lutte personnelle, et assurera en aucun cas un avantage personnel.

NOUS SOMMES FIERE D'ETRE UN GROUPE CONDAMNÉ PAR LES USA

-Tout comme les médias d'opposition, vous avez subi le même traitement. Et votre compte Twitter a été bloqué. Compte tenu du niveau de votre expérience et de la technologie, à quel point cette censure peut être efficace ?

A vrai dire, nous nous ne sommes jamais dits : « dans ce monde, il y a des plateformes de liberté d'expression qui ne sont pas sous contrôle des puissants et  Twitter en fait partie. »  Pour le procès Jeremy Hammond, ils ont essayé de résister pendant une longue période, mais ils ont abandonné. La fermeture de notre compte a eu lieu après la vérification des informations publiées au sujet des agents du ministère des affaires étrangères lors son piratage.

DES DOCCUMENTS SENSIBLES

Quand nous disions avoir piraté le site du ministère des affaires étrangères, nous attendions une réfutation de leur part. Leur déclaration disait que nous ne détenions  que quelques formulaires et rien d'autre. Cependant, nous détenons un tas de documents, de correspondances, d'analyses, d'accords datant depuis 1940.  RedHack a même les documents sur les structures des nazis durant ces années-là.

Quand les identités des agents ont été révélées, les affaires ont mal tourné. De suite, notre compte a été fermé et nous avons été condamnés.

Les USA ont officiellement condamné notre action. Pour certains nous sommes des traîtres, pour d'autres, des terroristes. Par contre, nous diffusons l'identité des agents. Les agents font leur travail. Et des terroristes comme nous poursuivent les traîtres.

On ne cesse de découvrir des choses inacceptables et sales dans les correspondances. Par exemple, des correspondances avec Al-Qaida datant de 2010.

Un jeune de Diyarbakir est envoyé au Canada pour apprendre des langues. Mais ce jeune avec le soutien du ministère des affaires étrangère, Al-Qaida, et les Talibans, devient un moudjahidin. Il décède lors d'une opération de l'OTAN, et la famille apprend la mort de leur fils à partir des correspondances d'Al-Qaida.

Le peuple est informé par RedHack. Nous avons diffusé ces documents. Est ce qu'il existe une activité terroriste aussi grave ? D'autre part, la Turquie donne des soldats à l'OTAN pour l’Afghanistan. Ces enfants qui se battent sont du même pays. Ce jeu bizarre est évidemment très dérangeant. A part la condamnation d'Al Qaida depuis ces 40 dernières années, nous sommes fières d'être les seuls à être condamné par les USA.  Al Qaida a été créé par eux : un d'eux, un de nous...

UNE GRANDE PARTIE DES DOCUMENTS NA PAS ETE PUBLIÉ

-Parmi les documents récupérés du ministère des affaires étrangères, la police, l'armée, y'en a-t-il non diffusé ? Si c'est le cas, de quel type d'information s'agit-il ?

Une grande partie de ces documents n'ont pas été publié de toute manière. L'objectif n'est pas de mettre en danger la sécurité de l'État, ou de créer des opportunités pour les groupes réactionnaires. Le but est de montrer la force du mouvement révolutionnaire et faire reculer ces pratiques injustes et oppressives.

Parmi les avis de la police, on trouve des revendications très sérieuses au sujet du fils du maire de la capitale. Nous n'avons pas souhaité diffuser car ce sont / ou pas des dénonciations.

A vrai dire, nous en prenons note, mais nous ne pouvons aller dans ce sens – en tout cas, pour le moment – nous savons à quel instant agir.

Si nous étions sûrs de ces documents, nous les aurons diffusés sans hésiter. Par contre, en cas de doute, nous ne pouvons faire de la propagande et de la désinformation indigne de la morale révolutionnaire.

NOUS N'AGISSONS PAS SEULEMENT AVEC LES CODES !

En disant qu'ils ont attrapé RedHack, ils ont gardé a vue des personnes, puis condamné des personne n'ayant pas d'ordinateur, ou une innocente ayant redoublé son année d'informatique. Il s'agit bien de leur moralité.

RedHack n'est pas seulement un mouvement virtuel et ne mène pas sa lutte uniquement avec les codes. Combattre seulement avec les codes est contraire à l'essence même de notre mouvement de lutte. Nous faisons partie de ceux qui sont le « plus » apte à pirater. Mais notre lutte est si importante qu'elle ne peut se limiter au piratage.

Notre avantage est de pouvoir attendre à l'arrêt, prendre le bus, le métro avec vous sans que vous nous reconnaissez. Nous participons, dès que possible à toutes manifestations réelles.

-Quand vous publiez un document, à quoi faites-vous attention : quels sont les critères de base pris en compte, notamment concernant le droit à la liberté et à la sûreté ?

La publication, et la sélection des documents dépendent de ceci : sont-ils parallèle avec les idées  révolutionnaires, donnent-t-ils des causes à différents groupes, est-ce au service du peuple et de la liberté de l'information ? Est-ce que ces documents peuvent causer un dommage à quelqu'un ?

Dans les documents du Ministère de la Santé, de l’Armée, des services secrets (MIT), des Affaires Etrangères et du ministère de l’Intérieur, ainsi que ceux des ministères de la Famille, de l’Agriculture et de l’Elevage, vous ne trouverez pas une attitude contraire à ces critères.

Peut-être que ça n'a pas pris de place dans les medias étrangers: la cause de la mort des 43 salariés à Pamukova était la transformation rapide de son ancien train en un train à grande vitesse avec le soutien et l'aide financière de la France. Quand vous détenez entre les mains des documents qui prouvent une telle coopération, vous ne résistez pas.

L'Amérique dépense 25 milliards de dollars pour trouver des civilisations extraterrestres mais notre gouvernement a emprunté 500 milliards de dollars pour trouver la civilisation dans notre pays.

Propos recueillis par Maxime Azadi



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