17.04.2014
Vous avez dit « terroriste » ?
2012-08-18 11:09:38
Yazdir

Une seule et courte vidéo peut-elle démentir tous les arguments de l’Etat turc et des pays occidentaux contre le PKK ?  La guérilla kurde dresse chaque jour des barrages pour contrôle d’identité. Cette fois c’est différant.  L’accusation de « terrorisme » et les mensonges officiels s’effondrent devant les yeux. La vidéo confirme la prise de contrôle par la guérilla depuis 23 juillet d’une vaste zone tout près de la ville de Semdinli.

Une délégation composée des dirigeants des partis politiques opposants et des organisations de la société civile ont rencontré le 17 aout  les combattants du PKK entre le village de Baglar et la commune de Derecik à Semdinli, dans la région de Hakkari. Cette rencontre devant le barrage dressé par la guérilla confirme tout d’abord la prise de contrôle de la guérilla dans cette zone où l’armée n’arrive plus à pénétrer par voie terrestre.

Les autorités avaient annoncé avoir terminé les opérations militaires dans cette région, affirmant  avoir tué 115 combattants. Cette information n’a été confirmé ni par des hôpitaux, ni par des responsables locaux. Le mouvement qui publie régulièrement les identités et les photos des combattants tués dans des combats pour permettre aux familles d'organiser les funérailles avait annoncé avoir perdu 12 combattants dans ses rangs.

Un accueil chaleureux

Les images tournées par des journalistes qui accompagnaient la délégation montrent l’accueil chaleureux de la foule. Des centaines de personnes descendues des véhicules crient des slogans en faveur du PKK et ils s’embrassent tour à tour, sous l’acclamation.  

« Nous n’avons vu aucune force gouvernementale dans la région » a déclaré Gultan Kisanak, co-présidente du principal parti kurde BDP, affirmant que la délégation s'est arrêtée devant un point de contrôle de la guérilla sur la route du retour après avoir visité quelques villages.

Une vaste zone est sous contrôle du PKK depuis 23 juillet à Semdinli et depuis 4 aout à Cukurca, toujours dans la région de Hakkari. La guérilla a pris le contrôle d’une autre zone près de la ville de Hakkari, après avoir lancé le 16 aout un assaut d’envergure contre plusieurs postes des forces de l’ordre.    

« Nous avons rencontré quatre guérilleros dont une femme sur la route du retour. Ils ont fait de la propagande pour leur cause » a dit de son côté Ertugrul Kurkcu, député du parti kurde BDP de Mersin.

« Selon un responsable local, sept de dix villages situés dans la zone sont vides » a-t-il ajouté, affirmant qu’un millier de villageois ont été forcé par l’armée de quitter leurs maisons.

Député libéré : Ils sont les enfants de ce pays

Quelques jours plutôt, un député avait été arrêté par la guérilla. Il s’agissait du député de parti kémaliste CHP, Huseyin Aygun, arrêté le 12 aout alors qu'il se trouvait dans sa circonscription de Dersim (Tunceli) avant d’être libéré le 14 aout.  

Le député a été arrêté suite aux plaintes des habitants de Dersim, avait affirmé HPG, la branche armée du PKK, ajoutant ajouté que son arrestation était aussi pour but d’attirer l’attention sur les travaux de construction des barrages.

« Ils étaient élégants envers moi (…) ils m’ont demandé d’œuvrer plus pour la paix et de mener une politique indépendante.  Aucune atteinte n’a été porté  à ma vie » a déclaré le député d’origine kurde après sa libération. « Ces jeunes sont les enfants de ce pays.  Ils ont dit qu’ils voulaient donner un message de la paix » a-t-il ajouté. 

Le 15 aout, les femmes combattantes  du PKK ont annoncé avoir “placé en garde à vue” un soldat de l’armée turque lors d’un contrôle d’identité entre les villes de Van et de Sirnak. Au moins 81 personnes dont des militaires, des gardians de village, des entrepreneurs, un maire AKP ont été arrêtés par la guérilla entre 1er mai et 13 aout 2012. La plupart ont été libérés après avoir été interrogés par le mouvement qui affirme respecter la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre, dont il fait partie.

PKK dénonce la déclaration de l’ambassadeur américain

Refusant de voir la réalité du PKK au sein du peuple kurde et de négocier pour une solution politique et pacifique, l’Etat turc et l’Occident continuent d’accuser ce mouvement de « terrorisme », toute en soutenant les « insurgés syriens » accusés de crimes de guerre par l’ONU. 

Malgré le silence face à la répression anti-kurde et le soutien total de l’Occident, notamment des États-Unis et de la France, à la Turquie, le mouvement kurde s’impose de plus en plus fort pour l’avenir du Moyen-Orient, en rendant insignifiant les frontière actuelles qui divisent le Kurdistan entre quatre pays.

Le PKK a dénoncé le 16 aout  la déclaration de Franchis Ricciardione, l’ambassadeur américain en Turquie, qui a accusé l’organisation de coopérer le régime Assad. « L’ambassadeur américain doit présenter ses preuves ou nous affirmerons qu’il est un grand menteur et calomniateur » a déclaré le PKK, dans un communiqué.

Vendredi 15 aout, l’ambassadeur américain avait accusé le régime syrien d’avoir armé le PKK. « Le PKK est un mouvement de la liberté et de la démocratie » a ajouté le mouvement kurde, affirmant que la déclaration de Ricciardione fait partie des mensonges du régime AKP, dans le cadre d’une guerre psychologique contre le peuple kurde.

« Nous appelons toutes les forces internationales, notamment les États-Unis, à voir la cause du peuple kurde et à abandonner la politique qui sacrifie les kurdes pour les intérêts économiques et politiques » a dit l’organisation, appelant également les mouvements politiques kurdes et les milieux démocratiques à mener une lutte commune contre la campagne de diffamation et de désinformation véhiculée par le régime AKP. 

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