23.04.2014
Kendakol, un massacre de kurdes passé sous silence
2012-08-15 10:13:23
Yazdir

Il y a douze ans, l’armée turque bombardait le village de Kendakol au Kurdistan irakien. Le 15 aout 2000, 35 civils dont 11 enfants et 13 femmes ont été massacrés.

Il était 14 heures quand les avions turques ont largué les bombes sur les enfants et les femmes à Kendakol, dans la région de Sideka. Bombardement a duré une heure. Les corps des victimes ont été réduits en morceaux.

Parmi eux, Ferzende n’était qu’un bébé d’un an et Berivan avait 4 ans.  Pas facile de dire. 11 enfants : Kusret, âgé de 5 ans, Najat (10), Dilnaz (10), Xecica (11), Sehnaz (15), Bakhtiyar (16)…

Et 13 femmes dont Zuhre, âgée de 70 ans…

Pour les autorités turques, c’était une simple « bavure », tout comme le massacre de 34 civils kurdes dont 19 enfants dans le bombardement du 28 décembre 2011 contre le village de Roboski, dans la région de Sirnak.

Les images, les témoignages et les déclarations officielles accusatrices, le refus de s’excuser, le passé criminel et la répression actuelle, tout montrait que le massacre de Roboski était un acte délibéré et visait uniquement les civils, pas les combattants du PKK.

Le massacre de Kendakol n’était pas le premier et n’a pas été le dernier. Entre le massacre de Kendakol et celui de Roboski, sept membres d'une famille kurde irakienne avaient été tués le 21 aout 2011 dans les bombardements turcs contre le village de Kortek, à Rania, au Kurdistan irakien. 

Au moment où l’armée turque commettait ces massacres, les gouvernements occidentaux et ceux de la région regardaient sans dire un mot. Douze ans ont passé sur le massacre de Kendakol. Aucune excuse auprès des familles, aucun jugement ni condamnation verbale.

Kadir Mouhammed a perdu sa mère, sa fille et 25 de ses proches lors de ce massacre.  Tous étaient membres de la tribu de Herki. « Notre seul crime était d’être kurde » dit Muhammed, montrant les vêtements déchirés des victimes qui étaient toujours sur place, douze ans après le massacre.  Même les arbres dont les branches cassées témoignent toujours cette atrocité.

« Nous resterons kurdes et parlons kurde même si l’on nous tue. Nous n’oublierons jamais les massacres commis par l’armée turque. Les kurdes ne sont pas les kurdes anciens et ils demandent aujourd'hui des comptes » poursuit-il, dénonçant également le silence des gouvernements occidentaux.

Plus de 130 personnes tuées sur les frontières en dix ans

Outre ces massacres et tant d’autres, plus de 130 kurdes, en majorité des enfants, ont été tués par les forces de l'ordre turques à la frontière avec l’Irak et l’Iran, soit sur les frontières du Kurdistan divisé entre quatre États, depuis 2002, l’arrivée au pouvoir de l’AKP, selon Meral Bestas, conseillère chargée des droits de l’homme et de la justice du  principal parti kurde BDP.  Le vrai bilan serait encore plus lourd, ajoute-elle dans un communiqué publié le 14 aout.



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