18.04.2014
Les kurdes syriens prennent le contrôle du Kurdistan
2012-07-21 15:55:30
Yazdir

En trois jours, les kurdes syriens ont pris le contrôle de quatre villes dans le Kurdistan Occidental et ont annoncé la création des forces armées pour  but de défendre les intérêts nationaux du peuple kurde. Le principal mouvement kurde a appelé les arabes, arméniens, assyro-chaldéens à se ranger de leur coté.

Les kurdes ont lancé le 21 juillet un assaut contre toutes les institutions du régime Baas, au pouvoir depuis 40 ans, dans deux villes, Derika Hamko et Amude, après avoir pris le contrôle de Kobani et d’Afrin, les 19 et 20 juillet.  Les autres villes attendent leur tour.

La création des forces armées kurdes

Le 20 juillet, la création des forces armées kurdes (YPG), connues jusqu’ici sous le nom "comités de défense du peuple", a également été annoncée.

« Notre principal but est de défendre les intérêts nationaux du peuple Kurde. Nous annonçons à notre peuple que nous sommes en mesure de protéger toute la région » a déclaré YPG dans un communiqué.

Appel aux arabes, arméniens et assyro-chaldéens

Le mouvement de la société démocratique du Kurdistan Occidental (TEV-DEM), une organisation qui chapeaute les principales formations kurdes syriennes dont le plus influant PYD, appelle de son coté  les arabes, arméniens, assyro-chaldéens à se ranger du coté du peuple kurde. Le mouvement promet de protéger ces peuples, sans distinction, affirmant soutenir un pays uni et démocratique où les peuples vivent ensembles.

« Nous sommes pour une vie commune avec tous les autres peuples de la Syrie dans un pays démocratique » a affirmé le mouvement, appelant les kurdes à rester vigilants et organisés contre toute provocation.

Exprimant son soutien aux Unités de Défense du Peuple (YPG), le mouvement dit : « Nous appelons le peuple du Kurdistan, notamment les jeunes, à soutenir le YPG. Nous sommes convaincus que le YPG protégera les arabes, le arméniens et les assyro-chaldéens et ouvrira aussi ses rangs à tous.»

Les kurdes unissent leur force

Le Conseil du Peuple qui regroupe plusieurs partis kurde dont le PYD et le Congrès national kurde (CNK), deuxième formation au Kurdistan syrien, avaient décidé d’unir leur force au sein d'un seul et même bloc après des discussions menées au Kurdistan irakien entre le 9 et 10 juillet. L’accort avait été signé en présence de président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani.

Accusé par les turcs et les médias occidentaux de soutenir le régime Bachar Al-Assad dans le cadre d’une campagne de désinformation, le PYD a été en réalité le seul parti refusant de prendre place au sein du CNS et de soutenir le régime dont il est victime, dès le début de la révolte lancée mi-mars 2011, déclarant que le but de trio répressif Qatar-Turquie-Arabie Saoudite n’était pas de construire la démocratie, mais de faire obstacle devant les réalisations du peuple kurde.

Rejetant les menaces des colonisateurs et refusant tout conflit interne,  les kurdes continuent à unir leur force dans toutes les parties du Kurdistan pour retrouver enfin leur véritable place au Moyen-Orient. Ils n’ont pas encore joué toutes leurs cartes, mais ils ont dit leur parole en faisant un pas en avant, en prenant les contrôles des villes au Kurdistan syrien.

Pas de places pour une erreur

La prise de contrôle du Kurdistan est la conséquence d’une préparation de 16 mois, soit depuis le début de la révolte. Les organisations kurdes sont conscientes qu’elles ne peuvent pas se permettre le luxe de  commettre des erreurs face à un conflit  régional américano-iranien, ce qui exige de grandes précautions et une bonne préparation.  Car, les iraniens et les turcs joueront surement leurs  cartes.

L'Iran provoque le gouvernement irakien

Le régime iranien a déjà déployé son armée sur la frontière avec l’Irak et la Turquie. Une attaque serait envisagée contre le Kurdistan irakien à partir de la région de Qandil, où de violents affrontements avaient été éclatés en 2011 entre l’armée et le PJAK, principal mouvement armé et populaire kurde.  Plus de 10 millions kurdes vivent en Iran, soit au Kurdistan Oriental.

Même si une participation directe de l’Iran dans une guerre n’est pas envisagée, il peut pourrait cependant pousser le gouvernement irakien de Nouri Al-Maliki pour lancer une attaque  contre la région kurde.  Dans un avenir proche, des combats pourraient éclater à Kirkouk, riche en pétrole, et à Khanekin, deux régions disputées région les Kurdes aimeraient rattacher à la Région autonome du Kurdistan, selon les analystes kurdes.

Quant à la Turquie, elle est confrontée à un surgissement d'une nouvelle région autonome kurde à ses frontières, après la région autonome kurde en Irak. Ce sont les États-Unis qui définiront les mouvements de la Turquie dans la région, car cette dernière est coincée et elle n’a pas beaucoup de marge de manœuvre à cause de ses politiques destructives et négationnistes. D’ailleurs, les kurdes de Turquie ne resteront pas les bras croisés devant une attaque turque contre leurs frères au Kurdistan syrien.

 



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