16.04.2014
Washington et Amnesty appellent l’Iran à libérer un journaliste kurde
2012-07-19 10:47:55
Yazdir

Alors que l’Amnesty International poursuit sa campagne en faveur de la libération du journaliste kurde Mohammed Seddigh Kaboudvand en grève de la faim illimitée depuis 26 mai, Les Etats-Unis exprime aussi leur préoccupation et exhorte l'Iran à libérer tous ses "prisonniers politiques".

Dans un communiqué, la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, exprime sa  préoccupation pour deux prisonniers politiques dont Mohammed Seddigh Kaboudvand, défenseur des droits de l’humain. 

« Nous sommes inquiets après des informations selon lesquelles l'état de santé du militant kurde Mohammed Seddigh Kaboudvand et celui du militant des droits de l'homme Nargess Mohammadi, tous deux emprisonnés, se détériore rapidement » dit-elle. 

Rappelant que le journaliste kurde est « en grève de la faim depuis le 26 mai », elle affirme que les deux hommes sont « dans un état critique ».

Les Etats-Unis appellent les autorités iraniennes « à libérer immédiatement tous les prisonniers politiques et à faire respecter leurs propres lois et leurs obligations internationales qui garantissent les libertés d'expression, de religion, d'opinion et de rassemblement de tous leurs citoyens ».

Amnesty : son état de santé s’aggrave de façon inquiétante

Menant une campagne de pétition pour la libération de Kaboudwand, l’Amnesty International  affirme de son coté que l'état de santé du journaliste kurde déjà fragile s’aggrave aujourd’hui de façon inquiétante.

En grève de la faim depuis le 26 mai, il réclame le droit de rendre visite à son fils gravement malade. « Un tel droit est habituellement accordé aux prisonniers mais il semble que M.S. Kabudvand soit puni en raison de ses activités militantes à l’intérieur de la prison » dénonce l’organisation.

« Le Procureur et les appareils de sécurité continuent de refuser la permission en raison de leur hostilité, rancune et malveillance à mon égard en tant que défenseur des droits humains ; ce en dépit du fait que j’ai déjà accompli la moitié de ma condamnation injuste et illégale et en dépit de la maladie incurable de mon fils et de la situation d’urgence aigüe. Par conséquent, pour protester contre le comportement illégal et inhumain de ces fonctionnaires de sécurité et de justice, je commence une grève de la faim illimités à compter de 21 heures, samedi 26 mai 2012 ».

L’organisation ajoute : « En janvier 2012, les autorités pénitentiaires avaient déjà ignoré la recommandation des médecins de le transférer à l’hôpital pour des soins appropriés. Aujourd’hui, après plus de 40 jours de grève de la faim, M. Kabudvand persiste dans sa démarche et a refusé d’être transféré car il aurait été menotté et craignait d’être alimenté de force.

Arrêté en juillet 2007

Mohammad Sadiq Kabudvand a été arrêté le 1er juillet 2007 à Téhéran par des hommes en civil qui se sont rendus à son domicile et ont confisqué trois ordinateurs, des livres, des photos et des documents personnels. Il a été emmené à la section 209 du ministère du renseignement de la prison d'Evin à Téhéran.

Fondateur et président de l'Organisation de défense des droits humains du Kurdistan (RMMK), Mohammad Sadiq Kabudvand a également été le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Payam-e Mardom-e Kordestan (Le message du peuple du Kurdistan), consacré à la promotion des droits culturels, sociaux et politiques de la minorité kurde d'Iran. Ce journal a été interdit pour trois ans le 27 juin 2004 pour «diffusion d'idées séparatistes et publications de fausses informations» et n'a pas reparu depuis.

Après une audience à huis clos, il a été condamné en mai 2008 à onze ans de prison par la 15ème chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran : dix ans pour « agissements contre la sécurité de l'État » en créant l'Organisation de défense des droits humains du Kurdistan et un an pour « propagande contre la République islamique » pour être entré en contact avec des organisations humanitaires internationales.

Détenu à l'isolement pendant quarante jours, il a été interrogé menotté, les yeux bandés et les jambes enchaînées. Pour protester contre ses conditions d'interrogation, il a mené une grève de la faim, pendant laquelle il était obligé de demander par écrit l'autorisation d'aller aux toilettes, ce qui a aggravé un problème rénal existant.

Le 19 mai 2008, après être resté inconscient pendant une demi-heure environ il a finalement reçu les premiers soins d'un prisonnier médecin, mais n'a pas eu le droit de se rendre à l'infirmerie de la prison.

Le jour suivant, un juge a ordonné que Mohammad Sadiq Kabudvand soit hospitalisé à l'extérieur de la prison. Cette mesure n'a jamais été appliquée et il n'est toujours pas en mesure de recevoir le traitement médical que son état requiert. Il a perdu vingt kilos depuis son arrestation.

En juillet 2009, Mohammad Sadiq Kabudvand a été convoqué devant la première chambre du tribunal révolutionnaire de Mahabad (Kurdistan), accusé de « propagande contre le système » pour avoir publié et diffusé des pamphlets sur la question des femmes kurdes. Il a nié tout lien avec ces documents.

Campagne de pétition: Libérez Mohammad Sadiq Kabudvand



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