20.04.2014
Frontière turco-iranienne: une zone d’exécution!
2012-07-16 16:03:01
Yazdir

Le régime iranien a tué au moins 100 kurdes et a blessé 82 autres au cours des 14 derniers mois sous prétexte de lutter contre la contrebande, soit le commerce transfrontalier, souvent le seul moyen de vivre dans une région qui souffre de la pauvreté.

Selon le site d’information Kurdpa, les forces de l’ordre ont tué et blessé 182 «contrebandiers » kurdes le long de la frontière du Kurdistan depuis le 21 mars 2011, nouvel an iranien. Parmi les noms publiés sur le site, on constate que 100 personnes ont été tuées. 

Le vrai bilan de ce massacre serait encore plus lourd, car beaucoup de meurtres extrajudiciaires passent inaperçues dans les médias et les sources des médias alternatifs ou opposants sont limitées.

Le commerce transfrontalier se fait en général à dos-d'âne et de mule. Ces derniers se font aussi massacrer pendant et après l’attaque des forces de l’ordre ou des bombardements.

Brigades de la mort

Les brigades de la mort iranienne dressent souvent des embuscades, commettant des exécutions extrajudiciaires sans être inquiétées. Défiant la mort, les contrebandiers sont de temps en temps victimes de mines terrestres posées par le régime qui a fortement militarisé la région kurde ou sont victimes d’avalanches durant l’hiver. Parmi les victimes de mines figurent aussi des enfants, des bergers et des femmes.

Selon le bilan de l’ActuKurde, au moins 17 kurdes ont été tués par le régime iranien le long de la frontière entre l’Iran, l’Irak et la Turquie. Cette dernière est aussi un partenaire fidèle de l’Iran lorsqu’il s’agit des meurtres.  34 civils kurdes dont 19 enfants ont été massacrés dans les bombardements turcs contre le village de Roboski à Uludere, dans la province de Sirnak. Ils faisaient de la contrebande de cigarettes entre l’Irak et la Turquie, sous surveillance des autorités. Le massacre a été commis devant les yeux du monde entier et les auteurs sont toujours libres, tandis que les autorités continuent à intimider les familles des victimes et tous ceux qui demandent la justice, en recourant à la menace et à l’arrestation.

En 2010, au moins 68 personnes ont été tuées sur les frontières entre l’Iran et la Turquie. 

Ces contrebandiers qui défient la mort pour une bouchée de pain

Le contrebandier, dont le sens contient des « illégalités », donne (!) le droit de tuer à un État qui commet librement ce crime sous les yeux du monde. Pourtant, ce sont ces États qui ouvrent souvent la voie de contrebande avec ses pratiques « illégales », « inhumaines » et « injustes », ne donnant d'autre chance à ces gens, dit « contrebandiers ».

Un contrebandier est parfois une personne qui traverse les frontières pour vendre des produits comme tabac, alcool, vêtement, nourriture, arme... Cependant, le contrebandier n'est toujours pas une personne, mais des États, des hommes politiques, des forces de l'ordre, des militaires et des groupes armés... La contrebande se diversifie largement, par exemple ; des convois de camions pleins de pétrole de contrebande, les trafics d'armes et de drogues qui traversent les frontières sous la surveillance des autorités. La liste des produits de contrebande et des contrebandiers est longue, pourtant ce sont des États qui définissent cette pratique et agissent selon leurs intérêts en violant la loi.

Sans foi ni loi

Au-delà de cette définition dont le contour dessiné par la loi, il y a une autre réalité, celle des contrebandiers n'ayant d'autre choix que de traverser les frontières pour une bouchée de pain ou une nouvelle paire de chaussure à leurs enfants ou des cahiers et des crayons destinés à l'éducation de leurs enfants... à ces enfants qui voient partir leurs pères ou leurs frères sans aucune garantie de les revoir saint et sauf...

C'est l'histoire de ces contrebandiers kurdes qui naissent en contrebandiers, grandissent et vivent dans la clandestinité, gagnent leur pain « illégal », traversent les routent dangereuses, ne connaissent aucun frontière, aiment et meurent clandestinement...

Ces gens avaient plus de chance, quelques années auparavant, de rester en vie pendant ce parcours mortel, devenu aujourd'hui une ligne d'exécution extrajudiciaire.

Une coopération mortelle

Les charges des mules et des chevaux sont du thé, du sucre, du tabac ou de carburant, dont le prix est la mort. Pourtant, la pauvreté et le chômage sont des principales causes de cette contrebande. Au lieu de prendre des mesures concrètes pour améliorer la vie de ces citoyens, les autorités préfèrent les tuer ou les emprisonner. Les auteurs de ces crimes ne sont jamais jugés.

La coopération mortelle entre la Turquie et l’Iran outrepasse la loi et les pays occidentaux ne s'intéressent pas à ce qui se passe sur les zones frontalières turco-iraniennes, ni d'ailleurs aux violations des droits de l'homme dans ces deux pays.



Galerie Photo 5 image

 
 
 
 
Qui sommes-nous? © ActuKurde, 2011 - Courrier :info@actukurde.fr -Tous droits réservés RSS