19.04.2014
Un jeune kurde décapité par l'ASL
2012-07-05 18:32:15
Yazdir

L’armée syrienne libre (ASL), constituée essentiellement par les anciens membres du régime syrien, formée et financée par des services secrets, a sauvagement décapité un kurde, membre du comité de défense du peuple, au Kurdistan syrien. La vitrine politique de l'ASL, le Conseil National Syrien, a de son coté refusé de reconnaitre les droits du peuple kurde lors de la réunion au Caire.

ASL, une armée libre ou bande de tueurs ?

Le 3 juillet, les membres de l’opposition syrienne ont enlevé un jeune kurde connu sous le nom de Chekdar dans la ville d’Afrin et décapité son corps sauvagement après avoir torturé. Le comité de défense du peuple kurde a aussitôt lancé une poursuite pour retrouver les assassins, a-t-on appris de sources kurdes. Trois assaillants ont été tués lors d’un affrontement avec les membres du comité.

Décapiter, c’est leur affaire

Le chef du principal parti kurde PYD, Salih Mohammad Muslim a condamné le massacre et a affirmé que l’ASL est l’auteur de ce crime. « Décapiter un humain n’existe pas dans la culture du peuple kurde » a-t-il affirmé avant de poursuivre: « C’est leur affaire. Ce sont eux qui lancent de telles attaques. Ils enlèvent les gens et décapitent leurs corps » a-t-il dit. 

Il a déclaré: « Ceux qui ont enlevé Chekdar l’ont exécuté en coupant sa tête.  Ses amis qui s’étaient lancés à la poursuite des assaillants ont lancé un assaut contre un domicile transformé en une cache de militants. Trois personnes de leurs rangs ont été tuées. »

L’organisation de la jeunesse kurde « Komalên Ciwan » a de son coté juré de se venger. Les comités de défense du peuple ont été créés à travers le Kurdistan syrien après la révolte lancée mi-mars 2011. Ils sont indispensables et un droit légitime face à cette situation qui pourrait dégénérer en une guerre régionale, selon le mouvement kurde. Grâce à ces comités de défense au sein du mouvement de la société démocratique du Kurdistan Occidental (TEV-DEM) qui regroupe plusieurs formations kurdes dont le PYD, plusieurs tentatives d’attaques ont été repoussées aux frontières du Kurdistan syrien. Au moins six membres de ces comités ont été tués depuis 2011, a-t-on appris.

Les kurdes ont chassé les membres du Baas après une attaque

Le 1er juillet, deux autres kurdes ont été tués et huit personnes ont été grièvement blessées dans la même ville lors d’une attaque des forces de l’ordre syriennes, ce qui a déclenché la colère des habitants. Au lendemain de ce massacre, les habitant de la ville ont lancé un assaut cotre le centre du Baas, le parti au pouvoir depuis 40 ans, et ont chassé toutes les personnes travaillant dans le centre hors de la ville.

Le 12 juin, une mère kurde avec ses 5 enfants ont été tués, et une autre femme a été blessée, dans le village de Qestela Kishke, à Afrin.  On ignore qui sont les auteurs de cette massacre.

La dernière attaque visant les kurdes intervient après les menaces l’ASL contre le principal parti kurde PYD et les comités de légitime défense, sous prétexte d’une plainte présentée par quelques membres du Congrès national kurde (CNK), deuxième formation kurde, auprès de l’ASL.

Le TEV-DEM avait dénoncé la multiplication des tentatives d'attaques dans le Kurdistan syrien après les menaces provenant de l’ASL.  Le mouvement kurde a dit que cette plainte de quelques kurdes auprès de l’ASL fait partie d’un plan secret de la Turquie visant à créer des tentions entre les kurdes. Les médias kurdes ont récemment révélé un document secret du ministère des affaires étrangères de la Turquie adressé au consulat turc d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien, visant la déstabilisation de la région kurde. «Aucune  force ne peut menacer les kurdes sur le sol du Kurdistan » avait dit le mouvement

Les kurdes ont quitté la réunion au Caire

Par ailleurs, la vitrine politique de la bande de l’ASL, le Conseil National Syrien (CNS), formé à Istanbul, soutenu par la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite, trois pays répressifs et dictateurs, ainsi que l’Occident,  a refusé de reconnaitre les droits légitimes du peuple kurde lors de la réunion, tenue le 2 juillet au Caire.

Le PYD et le CNK ont quitté la réunion pour protester contre le CNS. « Nous avons proposé d’ajouter un seul paragraphe dans la déclaration. Ce paragraphe envisageait la reconnaissance du peuple kurde en tant que nation dans la future constitution, ainsi que la reconnaissance de sa langue et de sa culture. Mais ils n’ont pas accepté et nous avons quitté la réunion » a affirmé le chef du PYD.

« On peut dire que seul le CNS était présent à la réunion » suite à la protestation du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), l’opposition interne composée des partis arabes, kurdes, assyriens, socialistes et marxistes, ainsi que des personnalités indépendantes, a-t-il ajouté. Démentant la déclaration du nouveau chef du CNS, Abdel Basset Sayda, pour qui la réunion était un succès, le vice-président du CCCND Salih Muslim a dit : « La conférence n’a pas été un succès. Les kurdes et Comité de coordination se sont retirés. »

Ils veulent transformer le Kurdistan en bain de sang

Concernant les démarches pour une union entre les kurdes, Salih Muslim a affirmé que le TEV-DEM et le CNK poursuivirent le dialogue  pour un accord. «Malgré le refus de quelques membres du CNK, les deux organisations agissent ensemble et poursuivent le dialogue » a-t-il ajouté. 

Dénonçant la campagne de désinformation, menée notamment par le gouvernement turc, il souligne: « Nous passons par une période sensible. Les ennemis des kurdes veulent transformer le Kurdistan occidental en bain de sang. Si nous continuons à rester vigilants et unis, nous pouvons déjouer leur plan. »



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