24.04.2014
Lettre à Laurent Fabius pour Leyla Zana
2012-06-08 09:15:22
Yazdir

Le conseiller général honoraire, conseiller municipal et communautaire PCF de Marseille Joël Dutto écrit une lettre à Laurent Fabius, l'actuel ministre français des Affaires étrangères pour demander à la France de réagir contre la condamnation de Leyla Zana et la répression « inadmissible » menée par le gouvernement turc. 

Dénonçant l’accord sécuritaire, signé en 2011, entre la France et la Turquie, sous le prétexte de lutter contre le « terrorisme », M. Joël Dutto  affirme que « aujourd’hui, avec la gauche aux affaires du pays, rien ne peut justifier ce soutien inconditionnel à la Turquie ».

La députée kurde et figure emblématique de la lutte du peuple Kurde pour la reconnaissance de son identité Leyla Zana a été condamné le 24 mai à 10 ans de prison par un tribunal de Diyarbakir, pour avoir violé neuf fois le Code pénal et la loi antiterrorisme en exprimant dans des discours « son soutien » au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et à son chef emprisonné, Abdullah Ocalan.

Le conseiller municipal et communautaire de Marseille rappelle que « sous le fallacieux prétexte de lien présumé avec le PKK, la justice turque produit les situations de répression à l’identique de celle qu’à connu ce pays dans le période la plus noire du coup d’État militaire. »

Il poursuit: « Mme Leyla Zana a déjà purgé une peine de prison de 10 années sous le même prétexte et n’a du sa libération qu’à la pression internationale exercée à l’encontre des autorités turques.

Une nouvelle fois elle est victime d’une politique autoritaire, d’atteinte permanente aux droits de l’Homme et à la liberté d’expression.

Celle-ci s’est traduite, depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP, considérée, hâtivement, par les chancelleries européennes comme un modèle à exporter dans le monde arabe, par une répression féroce à l’encontre des opposants au régime.

Des centaines d’élu(e)s sont aujourd’hui emprisonnés, comme le sont également des syndicalistes, journalistes, des enfants, des militants des Droits de l’Homme, ainsi que de nombreux avocats.

Cette situation inadmissible, dans un pays qui est membre de l’OTAN et candidat à l’Union Européenne, n’est possible que par le silence, voire l’accompagnement dont se rendent coupables nombre de pays européen, parmi lesquels se trouve la France.

L’accord sécuritaire, signé en 2011, entre la France et la Turquie, sous le prétexte de lutter contre le terrorisme, en est un des exemples les plus affligeants.  

Aujourd’hui, avec la gauche aux affaires du pays, rien ne peut justifier ce soutien inconditionnel à la Turquie. La voix de la France doit s’élever pour dénoncer les atteintes aux Droits de l’homme, demander l’annulation de la condamnation de Mme Leyla Zana et la libération de tous les prisonniers politique.

Monsieur le Ministre, dans ce cas d’espèce, il ne peut être invoqué l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain. Il s’agit, ici, de défendre des valeurs universelles pour lesquelles la France a su s’exprimer en d’autres occasions et à chaque fois qu’elles ont été remises en cause dans différant pays du monde.

En exprimant une position de fermeté, vis-à-vis de la Turquie, la France serait fidèle à sa politique de « promotion et de protection des Droits de l’Homme et des processus de démocratisation composante majeure de la politique étrangère de la France et de l’Union européenne » et au rôle actif qu’elle prétend jouer au sein du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. »



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