24.04.2014
Descente de la police française chez les kurdes
2012-05-23 11:11:33
Yazdir

La police anti-terroriste française a de nouveau fait une descente chez les kurdes de Bordeaux, arrêtant deux personnes. Les kurdes attendent du gouvernement socialiste la fin de la «collaboration anti-kurde » avec le régime répressif turc.

Le 22 mai à 6 heures, des policiers portant cagoules et gilets pare-balles ont arrêté deux kurdes, F. E. et A. S., lors d’une décente musclée à leurs domiciles dans la commune de Cenon, a-t-on appris auprès de l’association Franco-Kurde de Bordeaux. Couverts de sacs poubelles, ils ont été emmenés par la police. On ignore les raison de ces arrestations.

En outre, sept autres personnes dont le président de l’association et un correspondant du quotidien kurde « Ozgur Politika », basé à Francfort, ont été convoquées par la police.

Si les deux kurdes ne sont pas libérés, une manifestation sera organisée devant le préfet de Bordeaux, a-t-on appris.

Le 11 octobre 2011, les locaux de l'association franco-kurde et plusieurs maisons à Bordeaux avaient été perquisitionnés et sept personnes avaient été arrêtées, trois jours après l'accord anti-kurde signé le 7 octobre entre Paris et Ankara. Cinq des sept personnes interpellées avaient ont été mises en examen à Paris par un juge antiterroriste, qui avait ordonné le mandat de dépôt pour quatre d’entre eux. L'Association franco-kurde avait également été mise en examen en tant que personne morale.

Le 31 janvier, cinq autres kurdes avaient été interpellés au cours d’une opération en Ile-de-France.

Les dernières arrestations interviennent après la chute de Sarkozy, ce qui signifie que la collaboration anti-kurde entre la France et la Turquie continue. L’ancien ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé avait déclaré « pleinement solidaires » de l’action de la Turquie dans la « sale guerre » contre les kurdes, sous forme de lutter contre le « terrorisme », lors de sa visite à Ankara, le 18 novembre.

Un accord anti-kurde avait été signé le 7 octobre entre la France et la Turquie contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), lors de la visite de l’ancien ministre français de l'Intérieur Claude Guéant à Ankara. Le ministre français avait affirmé affirmait sa « détermination totale » et « indéfectible » aux côtés de la Turquie contre le PKK.

La Turquie est aujourd’hui l’un des pays les plus répressifs au monde, devenant la plus grande prison pour les journalistes avec 92, pour les étudiants avec plus de 600, mai aussi pour les avocats, enfants, élus, syndicalistes et pour les défenseurs des droits de l’humain.

La communauté kurde demande au gouvernement socialiste de mettre fin à cette « sale collaboration » avec la Turquie. Dans une lettre ouverte aux candidats à l'élection présidentielle, La Coordination National Solidarité Kurdistan (CNSK) qui regroupe notamment les associations kurdes, le Parti Communiste Français (PCF) et MRAP avaient demandé l’annulation des accords de coopération sécuritaire, signés avec la Turquie, et des initiatives afin de favoriser un règlement politique et pacifique de la question kurde.

Selon un décompte du Réseau d’informations libres de la Mésopotamie (ActuKurde), près de 200 kurdes ont été arrêtés depuis 2007 pour des motifs politiques, dont 51 en 2011 et 51 en 2010.



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