18.04.2014
Nouveaux aveux sur le massacre de 34 civils kurdes
2012-05-18 17:10:36
Yazdir

Les responsables militaires américains ont affirmé que l’attaque de l’aviation turque qui a massacré 34 Kurdes à la frontière avec l’Irak le 28 décembre a été lancée à la suite de renseignements fournis par un drone américain. L’armée turque a démenti cette information, le président turc a défendu l’armée et le parti kurde a exigé que les auteurs du massacre soient poursuivis.

Un massacre a été commis fin décembre devant les yeux du monde entier. 34 civils kurdes dont 19 enfants sont morts dans les bombardements turcs contre le village de Roboski à Uludere, dans la province de Sirnak. Les gouvernements européens n’ont dit aucun mot sur ce massacre. Pour le principal parti kurde BDP et le parti d’opposition CHP, ainsi que les organisations des droits humains, les villageois kurdes ont été massacrés délibérément sur ordre du gouvernement.

Washington a fourni des renseignements

Au moment où les autorités turques s'efforçaient d’intimider les familles des victimes avec tous les moyens (menaces, pots-de-vin, garde à vue, emprisonnements), les nouveaux aveux sont venus des États-Unis.

Selon le quotidien The Wall Street Journal, des officiers américains ont affirmé qu’un drone américain Predator a repéré un groupe de personnes avec des animaux, avant d’alerter les autorités turques.

Dans un autre article publié le 17 mai par le quotidien américain, des responsables militaires américains ont parlé de deux rapports préparés sur « l’incident » du 28 décembre. Le rapport initial aurait déclaré que le Predator a identifié une petite caravane d’animaux transportant de lourdes charges et un autre groupe de personnes avec des animaux. Selon le journal, une deuxième évaluation a été plus détaillée sur les mouvements de ces personnes à la frontière.

Un incident ou un massacre délibéré ?

C’était un « incident », selon les autorités Turquie, et les chasseurs F-16 auraient confondu des trafiquants de cigarettes et de carburant âgés de 16 à 20 ans avec des combattants du PKK. Le premier ministre turc s’était exprimé 30 heures après le massacre. Les habitants de la région, les « trafiquants » et les trois survivants avaient affirmé que les autorités étaient bel et bien au courant de ces mouvements et que ces activités transfrontalières étaient sous surveillance des militaires.

"Nous sommes au courant de l'incident" a dit à l'AFP un responsable américain de la défense sous couvert de l'anonymat. "Dans ce cas particulier, (les drones) ont repéré un groupe de personnes avec des animaux transportant de lourdes charges. Cette information a été transmise aux Turcs et nos drones ont quitté la zone", a-t-il ajouté.

Les autorités turques perdent toute crédibilité

Ce responsable militaire dit : "Nous n'avons rien à voir avec cette attaque aérienne, nous n'étions plus dans la zone quand l'attaque s'est produite."

L'armée turque a déclaré dans un communiqué que « la première identification visuelle du groupe impliqué a été effectuée par des drones des forces armées turques. » Cette déclaration n’a pas convaincu l’opinion publique et l’opposition.

« Nous devons avoir confiance en notre gouvernement et en la véracité de la déclaration de notre armée. Nous devons avoir confiance en nos sources » a affirmé le président turc Abdullah Gul, le 18 mai.

Les auteurs du massacre doivent être jugés

Le député BDP, Hasip Kaplan, a déclaré: « Personne ne peut nous faire croire en un Chef d'état-major des armées qui agit comme un membre du gouvernement AKP. Nous n’avons pas confiance en lui et ne croyons pas. Nous le considérons comme responsable du massacre et voulons qu’il soit jugé »

Rappelant que l’armée a détruit des milliers de villages kurdes en toute liberté, le député a dit que les kurdes n’ont pas confiance en la justice et en tribunaux dotés de pouvoirs spéciaux, remplaçant de cours militaires.

Le chef du parti d’opposition Kemal Kilicdaroglu a appelé le gouvernement Erdogan à faire toute la lumière sur le massacre : « Il y a un gouvernement qui a massacré 34 de nos citoyens. Comment ça se fait qu’il reste toujours à sa place ? » a-t-il dénoncé.

La vente d’armes à la Turquie doit cesser

La Confédération des associations kurdes en Europe (KON-KURD) a affirmé que le rôle des États-Unis dans ce massacre n’est plus une allégation, mais du concret : « Il est claire que d'autres massacres seront commis avec ces armes. Toutes les armes américaines vendues à l’armée turque serviront à la recrudescence du problème kurde, soit l’intensification de la guerre et des massacres collectifs. Nous appelons les États-Unis à mettre fin à ces marchandages. Nous appelons le président des États-Unis Barack Obama et les membres du Congrès à ne pas s’associer à la politique de négation, aux massacres, aux déportations et au génocide politique et culturel, menés par l’État militariste turc au Kurdistan. »

 



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