23.04.2014
Un étudiant kurde condamné à 33 ans de prison
2012-05-12 10:57:52
Yazdir

Cihan Kirmizigul, un étudiant kurde récemment libéré, a été condamné vendredi 11 mai à 33 ans et 9 mois de prison par la justice turque pour « appartenance à une organisation terroriste ». La seule preuve était le pouchi (keffieh) qu’il portait autour de son cou. En dix jours, près de 90 étudiants ont été arrêtés.

La 14e cour d’assise d’Istanbul a commué la peine en 11 ans et 3 mois de prison, après avoir condamné le jeune étudiant à 33 ans et 9 mois. Le parquet avait demandé 45 ans de prison lors de la dernière audience tenue le 23 mars dernier durant laquelle le juge avait prononcé la libération de l’étudiant.  L’avocat de la défense Fikret Ilkiz a déclaré qu’il fera appel de ce verdict devant la Cour de cassation.

Âgé de 22 ans, cet étudiant de l’Université de Galatasaray à Istanbul a été arrêté le 20 février 2010 par la police turque alors qu’il attendait à un arrêt de bus dans le quartier de Kagithane. Le même jour, quelques heures plus tôt, un groupe de jeunes portant des « pouchis » avaient jeté des cocktails Molotov contre une banque près de l’arrêt de bus. Pour les policiers, l’étudiant kurde était un suspect parce qu’il portait aussi un pouchi autour de son cou.

Le procès s’était ouvert le 9 décembre 2011 devant la 14e cour d’assises d’Istanbul.  Les policiers présentés comme témoins avaient avoué ne pas être sûr quant à la personne qui a lancé des cocktails Molotov.

Preuves ?

Curieusement, les autorités ne rencontrent jamais de difficultés quand il s’agit de trouver des « preuves » contre les opposants pour les enfermer, sinon elles n’hésitent pas de les produire, mais lorsqu’il s’agit des crimes d’État comme l’assassinat du journaliste arménien Hrant Dink ou l’exécution des enfants et des jeunes devant les cameras ou encore le massacre de 34 civils dans le bombardement du 28 décembre, toutes les preuves disparaissent.  

Par contre, les motifs d’arrestation des étudiants peuvent être délirants et dépassent la compréhension de la pensée.  Des objets comme des affiches, pancartes, livres, photos, keffieh, parapluies, citrons, œufs, confisqués lors des raids organisés au domicile des étudiants à la suite d’écoutes téléphoniques et de poursuites techniques sont présentés comme des preuves « d'appartenance à une organisation terroriste. »

Novelle vague d’arrestations

Les arrestations massives d’étudiants se poursuivent aussi sans relâche.  A Antep, cinq des sept  étudiants, arrêtés le 10 mai, ont été placés en détention « préventive », sous l’accusation d’appartenance à une organisation « terroriste », tandis que quatre étudiants membres de l’Association démocratique des étudiants ont été arrêtés le même jour à Erzincan.

En outre, le Rectorat de l’Université de Kocaeli a ouvert vendredi 11 mai une enquête contre 32 étudiants qui avaient protesté contre la visite du président Abdullah Gul, le 6 avril dernier, pour demander la libération des étudiants emprisonnés.  Plus de 40 étudiants avaient alors été interpellés par la police.

Près de 90 étudiants arrêtés en dix jours

Au moins 88 étudiants ont été arrêtés au cours des dix premiers jours du mois de mai, contre 116 en avril, selon un bilan de l’ActuKurde à partir des articles publiés dans les médias.  Parmi eux, des dizaines ont été envoyés en prison, alors que 29 autres ont été condamnés à une peine totale de 346 ans de prisons au cours du mois d’avril.  L’ActuKurde avait constaté l’arrestation de près de 100 étudiants en mars.

La Turquie d’Erdogan est aujourd’hui la plus grande prison du monde pour les étudiants avec plus de 600 d’incarcérations.  Près de la totalité de ces étudiants sont kurdes et la liste des arrestations grossit chaque semaine.



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