19.04.2014
FEJ lance une campagne d'adoption de journalistes emprisonnés en Turquie
2012-05-04 09:56:29
Yazdir

La Fédération Européenne des Journalistes (FEJ), le groupe européen de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), a lancé une campagne européenne d'adoption de journalistes emprisonnés en Turquie. RSF a de son coté affirmé que  l’Iran, l’Érythrée, la Chine, la Turquie et la Syrie sont les premières prisons du monde pour les journalistes.

A l’occasion du 3 mai 2012, journée mondiale de la liberté de la presse, la FEJ  a mis l'accent sur les graves menaces pesant sur la liberté de la presse en Europe, avec un accent particulier sur les plus de 100 journalistes emprisonnés en Turquie.
 
Le Président de la FEJ Arne König a affirmé dans un communiqué que la pression sur la Turquie a encore eu moins d'impact, jusqu'à présent. « Mais notre travail concerté concernant le nombre spectaculaire d'un journaliste en prison a mis la Turquie en tête des priorités de nos syndicats » a-t-il ajouté.
 
La FEJ a encouragé ses syndicats membres à «adopter» un journaliste en prison.  « Il s'agit de montrer sa solidarité et son soutien à un(e) journaliste en particulier jusqu'à sa libération en prenant des nouvelles de sa situation, en correspondant avec le ou la journaliste emprisonné(e) et en mettant le cas en exergue auprès des membres du syndicat au niveau national ou régional. »
 
Selon le communiqué  les syndicats de la FEJ en Belgique, en France, au Royaume-Uni, en Hongrie, en Allemagne, en Espagne, en Suède et en Italie ont déjà été mis en contact avec des journalistes. Le syndicat finlandais des journalistes et des groupes de journalistes formés au sein de médias en Norvège et en Suède ont également demandé de prendre part à ce programme. La semaine dernière, le 30 avril, le membre italien de la FEJ, la Federazione Nationale della Stampa, a envoyé un observateur au procès du journaliste qu'ils avaient «adopté», Baha Okar, rédacteur en chef du magazine Bilim ve Gelecek. M. Okar, qui était en prison depuis 2010, a été libéré lors de l'audience, même si les accusations portées contre lui ne sont pas encore levée et si le procès va se poursuivre.
 
« Plus de 100 journalistes sont actuellement en prison en Turquie, et le syndicat membre de la FEJ, le Syndicat turque des journalistes, TGS, est à la tête d'une coalition pour la Liberté pour obtenir qu'ils soient libérés et que la primauté du droit soit respectée. Toujours en Turquie, la FEJ s'inquiète aussi de fortes pressions exercées sur les journalistes pour qu'ils quittent le syndicat, ce qui constitue une atteinte flagrante aux libertés syndicales » poursuit le communiqué.

Un débat spécial sur la liberté de la presse en Europe aura lieu lors de la prochaine réunion annuelle de la FEJ qui se tiendra cette année du 15 au 17 juin à Bergame, une ville italienne, capitale de la province du même nom, située en Lombardie.
 
RSF : cinq journalistes tués tous les cinq jours

Le 3 mai, Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé le rythme effréné des violences contre les journalistes et les net-citoyens, et publie un constat sans appel : depuis le 1er janvier 2012, un acteur de l’information est tué tous les cinq jours. Depuis le début de l’année en effet, 21 journalistes et 6 net-citoyens et citoyens-journalistes ont été tués, notamment dans des zones de conflit comme la Somalie et la Syrie.

L’Organisation souligne que l’Iran, l’Érythrée, la Chine, la Turquie et la Syrie sont les premières prisons du monde pour les journalistes, mais l’organisation affiche seulement les noms de six journalistes incarcérés en Turquie, toute en dénonçant souvent et paradoxalement l’emprisonnement des dizaines de journalistes. 

Selon la liste de RSF, l’Érythrée est la plus grande prison pour les journalistes avec 32, devant la Chine (30). En réalité, la Turquie est loin devant ces pays en matière d’incarcération de journalistes.   

Commission européenne demande le respect des droits fondamentaux

Par ailleurs, l’agence Belga affirme que la Commission européenne a fait part de "sa pleine solidarité avec la Turquie dans sa lutte contre le terrorisme". Il s’agit d’une réaction habituelle des institutions européennes sans aucun rapport avec la réalité de l'incarcération des journalistes. 

Toutefois, "nous avons souligné que cette lutte doit être menée en plein respect des droits et libertés fondamentaux", ajoute  la Commission.

"Dans ce contexte, le nombre élevé de procédures judiciaires lancés contre des intellectuels, écrivains, journalistes et autres personnes qui expriment leur opinion de façon non-violente est une cause de préoccupation sérieuse"

L’agence Belga rappelle que le commissaire européen en charge de l'élargissement, Stefan Fule, a prévu de se rendre le 17 mai en Turquie afin de pousser le pays à s'engager dans un agenda positif en matière de respecte des droits fondamentaux.



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