20.04.2014
Les jeunes musulmans anti-capitalistes s’organisent en Turquie
2012-04-30 20:20:13
Yazdir

Ils sont contre le pouvoir islamiste en place, dénoncent l’injustice et le capitalisme vert et fêtent le 1e mai aux cotés des travailleurs.  Leur principal slogan vient de Sourate Al-Balad du Coran : « Liberté pour les esclaves ».

Alors que le gouvernement AKP, parti islamo-conservateur et ultralibéral en matière économique, poursuit sa campagne de répression sans précédente contre toute forme d’opposition, les jeunes musulmans anticapitalistes cherchent aussi à construire un front contre le “capitalisme vert”, prônant l’Islam sociale.

Ces jeunes sont pour le droit à l’auto-détermination du peuple kurde, contrairement aux islamistes en pouvoir qui  mènent  une politique islamique à caractère turque, version vert du Kemalisme négationniste, donc s’agissant d’une manipulation politique de l’Oumma qui désigne la communauté des musulmans au-delà de leur nationalité.

Pour eux, la gauche a raison lorsqu’elle dit « où étaient les musulmans quand la gauche luttait » contre l’oppression. « Nous avons fait de l’autocritique » disent-ils, affirmant que des slogans tels que « le travail, la justice, la liberté, l’égalité et la paix » n’appartient pas à la gauche mais il s’agit des slogans criés tout au long de l’histoire de l’humanité.  « Ces slogans sont les principales devises du Coran », selon Mohammed Cihad Ebrari.
 
Ils crient « la liberté pour les esclaves » en quatre langues : turc, kurde, arménien et arabe, se référant à un verset de la Sourate Al-Balad du Coran qui exige : « affranchir un esclave », soit lui rendre sa liberté.

« Nous participons pour la première fois  au 1e mai en tant que groupe des jeunes musulmans anti-capitalistes » dit Mohammed Cihad Ebrari, tout en admettant que c’est une décision tardive pour les musulmans.

« Depuis 80 ans, le lien entre le Coran et les gens qui se disent musulmans en Turquie a été sérieusement affaibli. L’une des raisons est sociale. La deuxième est la mentalité kémaliste qui voit la religion comme un ennemi » ajoute Kadir Bak, un autre membre du groupe.

La jeune femme Zeynep Duygu affirme de son coté : « Nous allons construire un pont  pour la paix (…) s’il y a une lutte entre les opprimés et les oppresseurs, nous serons aux cotés des opprimés »

L’économie verte a pris les reines de l’État après l’arrivée au pouvoir de l’AKP du premier ministre Recep Tayyip Erdogan. L’enrichissement des islamistes proches du gouvernement a été rapide et spectaculaire, alors que des millions de personnes continuent de vivre sous le seuil de pauvreté.

Dans un pays où les syndicalistes, les étudiants, les journalistes, les kurdes, les minorités religieuses et tous les autres opposants sont dans la ligne de mire du gouvernement, les jeunes musulmans anticapitalistes risquent aussi d’être la cible de la répression.



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