17.04.2014
Arrestations massives et condamnations délirantes d’étudiants
2012-04-07 08:51:50
Yazdir

Les arrestations massives d’étudiants par le régime répressif en Turquie se poursuivent de façon hystérique. Au moins 76 étudiants ont été arrêtés, 24 autres condamnés à plus de 270 ans de prison et trois autres placés en détention préventive depuis début avril.  La Fédération des syndicats SUD-étudiant dénonce la politique de « terrorisme d’État » et demande la libération de 600 étudiants.

Cinquante étudiants ont été interpelés le 6 avril à Kocaeli pour avoir protesté contre le président Abdullah Gul, lors de sa visite à l’université de Kocaeli, tandis que cinq autres interpellés à Alanya alors qu’ils criaient des slogans anti-AKP, parti au pouvoir du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, lors de la visite du vice-premier ministre Bulent Arinc.

Le même jour, trois étudiants kurdes ont été arrêtés à Erzurum après une décente de la police dans leurs maisons et un autre a été arrêté à Erzincan par des policiers en tenue civile.

Le 3 avril, 17 étudiants kurdes ont été arrêtés à Hatay, Adana, Batman, Kayseri, Diyarbakir et Mardin, lors des opérations simultanées lancées tôt le matin, sous l’accusation d’être membres de l’organisation de jeunesse du KCK. Deux d’entre eux ont été placés en détention le 7 avril.

270 ans de prison pour 24 étudiants

Le 4 avril, la 6 e cour d’assise d’Adana a condamné 24 étudiants kurdes à une peine totale délirante, de 270 ans et six mois de prison, allant de 9 à 18 ans. Ils sont accusés d’appartenance à une organisation « terroriste » et de faire du « propagande » en faveur de cette organisation (PKK).

Le 3 avril,  trois étudiants kurdes ont été placés en détention après avoir comparu devant un tribunal d’Edirne. Accusés d’être membres de l’organisation des jeunes patriotes (YDG), ils avaient été interpellés le 29 mars avec 13 autres étudiants.

Enquête contre plus de 7 000 étudiants en deux ans

En deux ans, entre 2010 et 2011,  au moins 7.043 étudiants ont fait l’objet d’enquêtes dont 4.604 d’entre eux ont été éloignés de l’université et 55 étudiants ont été expulsés, a dit le ministre de l’Éducation Ömer Dincer, en réponse à une question d’un député.
 
Plus de 600 étudiants sont actuellement dans les prisons de haute sécurité, ce qui fait la Turquie la plus grande prison du monde, tout comme pour les journalistes, les syndicalistes, les avocats, les enfants et les élus.  
 
SUD étudiant dénoncé le « terrorisme d’État »

« Ces arrestations et emprisonnements massifs font flotter un parfum de lendemain de coup d’État » dénonce Fédération des syndicats SUD étudiant, dans un communiqué.  « C'est dès 2009, quelques semaines après une percée historique du parti pro-kurde aux élections municipales, qu'ont débuté ces opérations visant principalement des Kurdes. Elles participent d'un contexte de répression violente envers le mouvement kurde, le mouvement social et plus largement toute forme d'opposition qui s'exprime contre le gouvernement AKP (Parti de la Justice et du Développement). Cette vague de répression a connu une forte accélération depuis septembre 2011 : ce sont plus de 10 000 personnes qui ont été placées en garde à vue et qui sont toujours en détention. »

« La majorité de ces arrestations et détention arbitraires sont faites sous le couvert des lois antiterroristes (Terörle Mücadele Kanunu – TMK). La Turquie détient le record mondial des emprisonnements sous le prétexte de l'antiterrorisme » rappelle le syndicat français des étudiants.

«Les étudiant-e-s peuvent être emprisonné-e-s parce qu’ils sont kurdes et/ou ont des appartenances réelles ou supposées avec le mouvement kurde, parce qu’ils sont membres d’un parti/syndicat, pour avoir protesté contre le prix de la cantine en boycottant, pour avoir participé à des manifestations légales comme les meetings du 1er mai, 8 mars, parce qu’ils luttent pour des droits fondamentaux comme la gratuité de l’enseignement, le droit à l’enseignement dans la langue maternelle, le droit au logement, à la santé, aux transports.

L’AKP ne fait que perpétuer sa politique de terrorisme d’État en proférant des accusations qui seraient presque drôles si elles n’avaient pas pour conséquences d’envoyer des milliers de personnes en prisons : des objets comme des affiches, pancartes, livres, photos, keffieh, parapluies, citrons, œufs, confisqués lors des raids organisés au domicile des étudiant-e-s à la suite d’écoutes téléphoniques et de poursuites techniques sont présentés comme des preuves ‘d'appartenance à une organisation terroriste. »

La Fédération SUD-étudiant condamne « fermement les arrestations arbitraires des étudiants, syndicalistes, militants politiques kurdes, ainsi que les emprisonnements de masse opérés par les autorités turques contre le mouvement syndical, associatif, le mouvement kurde, et plus largement contre toute forme d'opposition. »

Elle exprime « son soutien aux étudiants, emprisonnés et à tous celles et ceux, en prison et dehors, qui luttent pour la liberté du peuple kurde, la démocratisation de la Turquie et contre les politiques néolibérales. »

La fédération demande  « l’abrogation des lois antiterroriste en Turquie et ailleurs, l’abolition des tribunaux spéciaux et la libération des étudiants emprisonnés et de tous les prisonniers politiques. »



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