14.03.2014
Fermeture du journal kurde reparu 17 ans après
2012-03-25 08:29:28
Yazdir

Le journal kurde Özgür Gündem a été suspendu le 24 mars par les autorités turques pour un mois et son édition du dimanche a été saisie, suite à la perquisition effectuée à l’imprimerie de Gün qui tirait le journal.

La 14e cour d’assise d’Istanbul a ordonné la suspension du journal pour « propagande d’une organisation terroriste », pour les articles et les photos publiés sur les pages 1, 8, 9, 10 et 11 de son édition du samedi.

Le journal avait publié la déclaration commune du principal parti kurde BDP et du Congres pour la société démocratique (DTK), une plateforme d'associations et mouvements kurde, sous  le titre « La solution et l’interlocuteur sont clairs », indiquant la voie à emprunter pour la résolution pacifique du problème kurde.

La police a perquisitionné samedi soir l’imprimerie Gün et a saisi tous les exemplaires du dernier numéro du journal.

Il avait reparu 17 ans après…

Apres avoir été interdit en 1994, le journal Özgür Gündem avait de nouveau vu le jour en avril 2011, soit 17 ans plus tard.  Entre  le 30 mai 1992 et le 14 avril 1994, huit correspondants et dix-neuf distributeurs de ce journal ont été assassinés par les forces de l’Etat.

Le journal Özgür Ülke a remplacé Özgür Gündem avec le slogan « Aucune vérité ne restera dans l’obscurité ».  Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1994, trois explosions ont visé deux bureaux du journal à Istanbul et un à Ankara, faisant un mort et 23 blessés parmi les travailleurs. Quinze jours plus tard, le journal a révélé un document « confidentiel » signé par Tansu Ciller, la première et la seule femme à exercer la charge de Premier ministre dans son pays entre 1993 et 1996.

Plus de 70 travailleurs de la presse kurde tués

Depuis le premier journal de cette tradition, plus de 50 journaux quotidiens et hebdomadaires sont sortis, défiant toutes les autorités répressives. Au moins 76 travailleurs de la presse kurde dont plus de 30 correspondants ont été tués depuis 1990 en Turquie, tandis que des dizaines de journaux ont été fermés des centaines de reprises et des locaux ont été détruits par des bombes sur ordre des autorités.

100 journalistes en prison

Aujourd’hui, la Turquie reste toujours la plus grande prison du monde pour les journalistes. Selon la Plateforme de soutien aux journalistes emprisonnés (TGDP), 100 journalistes dont 20 rédacteurs en chef et directeurs dont derrière les barreaux. Au moins 72 d’entre eux sont des kurdes, parmi eux 30 journalistes de DIHA dont trois anciens correspondants, 16 du seul quotidien en langue kurde Azadiya Welat, dont quatre anciens rédacteurs en chef et un directeur de publication, 11 du journal Özgür Gündem et deux de l’agence de presse Firat, selon un décompte de l’ActuKurde à partir de la liste publié par la Plateforme.



Galerie Photo 1 image

 
 
 
 
Voir les images
Qui sommes-nous? © ActuKurde, 2011 - Courrier :[email protected] -Tous droits réservés RSS