19.04.2014
Turquie : le filtrage d’internet a doublé en 2012
2012-03-12 21:07:20
Yazdir

Le nombre de sites suspendus par les autorités turques, suite à une décision de justice ou à l’initiative de la Haute Instance de la Télécommunication (TIB), a doublé par rapport à l’année passée, a dénoncé Reporters sans frontières qui a placé ce pays dans la liste 2012 des pays “sous surveillance”.

« La polémique a été intense, sur plusieurs projets tentant d’encadrer le Net, allant d’une liste outrancière de mots clés interdits à un système de filtrage centralisé optionnel. Les net-citoyens, toujours sous pression, se sont mobilisés contre la mise en place d’une censure masquée du Web » a affirmé le RSF, à l’occasion de son rapport qui dresse la nouvelle liste 2012 des pays “Ennemis d’Internet” et “sous surveillance”.

Au 10 février 2012, le site engelliweb.com a recensé 15 596 sites suspendus par les autorités turques, suite à une décision de justice ou à l’initiative de la Haute Instance de la Télécommunication (TIB),  rappelle RSF et ajoute : « c’est-à-dire près du double par rapport à l’année passée. La grande majorité concerne les sites de jeux, des sites pornographiques et à contenus pédophiles ou des sites qui violent les droits de retransmission. »

Une quinzaine de sites d’information kurdes interdits

L’organisation affirme  cependant qu’une quinzaine de sites d’information jugés pro-kurdes ont été interdits sur décision de justice en 2011, tels Firat News, Gundem-online et Welat.org. Parmi les sujets tabous et donc censurés : Atatürk et la question des minorités, notamment kurde. Le filtrage de la plate-forme Blogger a été levé le 14 mars 2011, après deux semaines de blocage et de fortes mobilisations en ligne et hors ligne.

« La polémique autour de la loi 5651, qui régule Internet, est quelque peu retombée. L’essentiel des débats sur la question a porté sur le filtrage optionnel et une liste de mots-clés interdits » précise RSF.

138 mots-clés à bannir

« La TIB a fait parvenir, en avril 2011, aux hébergeurs et fournisseurs d’accès à Internet, une liste de 138 mots-clés à bannir des noms de domaine turcs, au nom de la lutte contre la pornographie. Cette liste, qui frisait déjà le ridicule, en comprenant des mots comme “jupe” (etek), “belle-sœur” (baldiz) ou “animaux” (hayvan), posait de sérieux problèmes pour l’accès à l’information sur Internet : l’interdiction des mots “free” et “pic” aurait ainsi radié du Net turc de nombreuses références aux libertés ou à des images d’actualité. Lorsque les médias ont commencé à couvrir cette affaire, la TIB a déclaré que cette liste de mots n’était apparue qu’à titre indicatif, dans une correspondance avec les acteurs chargés de la censure. Pour le moment, il semblerait qu’il n’y ait pas eu de suite quant à cette liste. »

RSF souligne que  « la solution du filtrage est inadaptée et menace la liberté d’expression en ligne, comme l’a récemment affirmé la Cour de Justice de l’Union Européenne, notamment en raison des risques de surblocage. » 

« C’est aux familles de choisir ce que leurs enfants peuvent consulter ou non » dit l’organisation. 

RSF rappelle également quelques arrestations et les condamnations :

« Le journaliste en ligne Baris Yarkadas, poursuivi pour "offense à la personne" par Nur Birgen, présidente de la section d’expertise de la médecine légale, a été relaxé en septembre 2011. Il n’est pas pour autant sorti d’affaire, un député lui demande des dommages et intérêts pour l’avoir offensé pendant un débat télévisé.

Halil Savda, responsable du site des pacifistes et objecteurs de conscience Savaskarsitlari.org, a été condamné, fin février 2012, à cinq mois de prison pour avoir critiqué le service militaire.

Un écrivain du site Eksisozluk (Eksi Sözlük, dictionnaire amère), est jugé pour "atteinte aux valeurs religieuses’" pour avoir écrit, le 10 août 2011, un article intitulé "Stupidité de la religion". Le procès intenté contre l’experte de la Médecine légale et présidente de la Fondation des droits de l’homme turque, Sebnem Korur Fincanci et le rédacteur en chef du site Taraf.com.tr ("Camps") Adnan Demir, continuera le 10 avril prochain.



Le journaliste Serdar Tuncer a porté plainte contre un utilisateur de Twitter et ses 200 000 abonnés. Il reproche au propriétaire du compte satirique @allah (cc) et à ses lecteurs de se moquer de l’Islam et des religions et d’humilier les croyants. »



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