21.04.2014
Les kurdes en grève de la faim illimitée à Strasbourg
2012-03-02 09:51:15
Yazdir

Alors qu’une grève de la faim totale et illimitée menée par plus de 400 prisonniers politiques kurdes dont quatre députés se poursuit en Turquie, quinze autres kurdes ont lancé une grève de la faim illimitée à Strasbourg pour briser l’isolement du chef du PKK et demander un statut politique pour le Kurdistan.

Les prisonniers  politiques sont en grève de la faim totale et illimitée depuis 15 février. Parmi eux figurent notamment quatre députés du principal parti kurde BDP.  Plus de 6 300 membres actifs de ce dont 31 maires parti sont actuellement en prison dans le cadre d’une campagne de répression sans précédente lancée en 2009.

Les grévistes protestent contre l’isolement du leader kurde Abdullah Öcalan, emprisonné sur l’Ile d’Imrali depuis 1999 sous l’isolation totale, qui n’est pas autorisé à rencontrer ses avocats depuis 27 juillet 2011.  Ils demandent la libération d’Öcalan et tous les prisonniers politiques, la reconnaissance officielle des droits collectifs du peuple kurde dans la constitution, notamment la reconnaissance de l’identité kurde et le droit à l’enseignement en kurde.

Grève menée au foyer de l’église de St. Maurice

En dehors des prisons, des centaines d’autres personnes participent à cette grève à travers le pays, de manière limitée.  En Europe, un groupe de 15 personnes dont cinq femmes ont lancé le 1er mars une grève totale et illimitée devant le bâtiment du Conseil de l’Europe, puis ils ont tenu un sit-in dans l’église de St. Maurice qui a accepté de donner son foyer aux grévistes.

« Le gouvernement AKP s’efforce, par son concept de guerre totale, de piétiner la démocratie, les libertés et tout ce qui se rattache à la paix » ont dénoncé les grévistes devant le Conseil, avant d’ajouter qu’Öcalan est un acteur incontournable dans la résolution de la question kurde.


« En niant cette réalité et en persistant dans sa politique d’isolement et de prise d’otage, le gouvernement éloigne chaque jour un peu plus la Turquie de la voie de la résolution politique. Les Kurdes sont très inquiets pour la santé et la sécurité de leur leader » ont-ils déclaré.

Les puissances occidentales sourdes et muettes

Affirmant qu’au nom des droits de l’homme et de la démocratie, « les puissances occidentales deviennent subitement aveugles, sourdes et muettes lorsqu’il s’agit des Kurdes », ils soulignent : « Les organisations internationales font également comme si de rien n’était. Le CPT, seule organisation à pouvoir visiter la prison d’Imrali, n’a toujours pas répondu aux appels répétés du peuple kurde. »

« Les Kurdes demandent la justice, la libération d’Abdullah Öcalan et de tous les autres prisonniers politique, une résolution équitable et démocratique de la question kurde. Comme tous les peuples, nous voulons vivre libres dans notre pays. »

« Mes deux identités sont réprimées »

Gonul Kaya, une femme âgée de 40 ans venue d’Allemagne, affirme à l’ActuKurde qu’elle participe pour la première fois à une grève de la faim illimité. « Je suis femme et kurde. Mes deux identités sont réprimées en Turquie » dit-elle et appelle les femmes à rester mobiliser, « car la femme qui lutte, qui résiste gagne sa liberté ».

« Nous n’abandonnerons pas la grève jusqu'à ce que nos revendications soient satisfaites » ajoute Erol Polat, âgé de 41 ans venu.

La grève de la faim continuera et s’étendra

En parallèle, des grèves limitées à cinq jours et reconductibles seront organisées au 10e jour de la grève totale par des groupes venus de différant pays européens, a-t-on appris auprès de « l’Initiative pour la liberté d’Abdullah Öcalan » qui est à l’origine de la grève.

Les revendications des grévistes :

1- Le Conseil de l’Europe et ses institutions doivent prendre en considération les graves menaces pesant sur la santé et la sécurité d’Öcalan et agir pour mettre fin à cette situation.

2- L’isolement total d’Öcalan inquiète fortement le peuple kurde et risque de conduire à des tensions sans précédent dans le pays. Il doit immédiatement cesser et les avocats d’Öcalan doivent être autorisés à lui rendre visite.

3- Les organisations internationales, le Conseil de l’Europe en particulier, doivent prendre des mesures pour la libération d’Öcalan et la résolution pacifique de la question kurde.

4- Le Conseil de l’Europe doit appliquer à la Turquie une procédure particulière afin d’observer les pressions et les violences exercées à l'encontre du peuple kurde. Dans le cas où l’État turc ne change pas sa politique, le Conseil de l’Europe doit envisager de suspendre son statut de membre.

5- L’Union européenne et les États européens doivent cesser de soutenir la politique de négation et violence de l’État turc; ils doivent mettre leur influence au service d’une solution équitable et pacifique à la question kurde. Pour cela, il est avant tout nécessaire d’enlever le mouvement de libération kurde de la liste des organisations terroristes.

6- Les organisations et institutions internationales doivent agir pour favoriser une résolution politique et démocratique de la question kurde et pour permettre à Monsieur Öcalan d’accomplir son rôle d’acteur politique incontournable.

7- Les organisations internationales et l’opinion publique démocratique doivent soutenir et être activement solidaires de la lutte du peuple kurde pour la liberté, la démocratie et la paix.



Galerie Photo 1 image

 
 
 
 
Voir les images
Qui sommes-nous? © ActuKurde, 2011 - Courrier :info@actukurde.fr -Tous droits réservés RSS