19.04.2014
Syrie: les kurdes boycottent le référendum et construisent leur autonomie
2012-02-25 09:40:59
Yazdir

Le principal parti kurde syrien PYD a décidé de boycotter le référendum sur le projet de nouvelle constitution du régime Baas en Syrie, prévu le 26 février. Le chef du PYD affirme également que les kurdes ont créé des comités et des conseils, ouvert des écoles et ont changé les noms des villes arabisés, en vue d’une autonomie démocratique.

Boycott du référendum

« Nous boycottons le référendum sur la constitution car il n’y a rien pour les kurdes » a affirmé à l’ActuKurde Saleh Mohammad Muslim, le chef du Parti de l’union démocratique (PYD) et vice-président du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), composé des partis arabes, kurdes, assyriens, socialistes et marxistes, ainsi que des personnalités indépendante.

Ce comité d’opposition basé en Syrie et considéré comme une véritable opposition interne a également boycotté le sommet de Tunis qui a réuni 60 pays, le 24 février, car la conférence de Tunis avait montré dès le début son intention de reconnaitre le Conseil national syrien (CNS) comme représentant "légitime" des syriens. Le CCCND a dénoncé, dans un communiqué, que les participants à la réunion de Tunis ont l’intention de « laisser la question de l’armement ouverte et ouvrir la voie à l’acceptation par la communauté internationale de l’idée d’une intervention militaire étrangère »  en « contradiction claire et nette avec les intérêts du peuple syrien ».

Le CNS, soutenu par les monarchies du Golfe, la France, la Turquie et les États-Unis, n’a toujours pas réussi à être convaincant auprès des kurdes et des autres sensibilités syriennes, malgré la  propagande intensive menée par les médias internationaux et Al-jazeera.  

La promesse du CNS n’est pas convaincante

Le Conseil national syrien a promis, lors de la conférence de Tunis, si le régime de Bachar al Assad est renversé, d’accorder aux kurdes un gouvernement autonome et une reconnaissance de son identité. « La nouvelle Syrie sera dotée d’un gouvernement décentralisé, permettant de fait aux autorités locales de prendre le contrôle de leurs affaires », a affirmé Burhan Ghalioun, qui dirige le Conseil national syrien.

Pour le dirigeant du PYD, cette déclaration n’a aucune base convaincante, car le CNS « n’a pas de projet pour les kurdes » et « il ne s’agit donc que de mots. »  Le CNS, composé notamment de Frères Musulmans, s’était montré jusqu’ici contre toutes les revendications du peuple kurde en tant que nation.

Les kurdes veulent la chute du régime Baas

Affirmant que le CNS n’a même pas eu contact avec le CCCND et les partis kurdes avant de faire une telle déclaration, le chef du PYD a dit que les 60 pays dont les Etats-Unis, Turquie et la France ne sont pas réunis pour les peuples syriens et les kurdes.

« Nous somme pour la chute du régime Baas tout entier », parti au pouvoir depuis 40 ans, a-t-il souligné, tout en affirmant être contre une intervention militaires et l’armement des groupes, faisant référence à l’Armée libre de la Syrie. Cette dernière qui reçoit le soutien des pays occidentaux est formée en Turquie.

Des dizaines de milliers de kurdes dans les rues

Loin des médias internationaux qui évitent de voir le problème kurde et agissent selon les politiques extérieurs de leurs pays, les plus grandes manifestations ont lieu souvent au Kurdistan syrien (Kurdistan occidental), pour une autonomie démocratique et la chute du régime.

Quelque 30 milles kurdes ont manifesté vendredi 24 février à Alep, deuxième ville de Syrie où vie une importante commuté kurde, pour la chute du régime Baas. Ils ont crié des slogans tels que « le peuple veut la chute du régime» et « autonomie démocratique pour les kurdes », selon le Conseil libre du peuple, créé à l’initiative du PYD.  D’autres manifestations ont lieu à Qamishli, Afrin, Serê Kaniyê, Kobani et à Derik, dans la région kurde.

Le régime a peur d’une confrontation avec les kurdes

« Nous n’avons eu aucun contact avec le régime du Bashar al Assad qui croit toujours régler le problème avec des tueries » a-t-il ajouté. Rappelant que la région kurde est plutôt calme par rapport aux autres endroits, il a affirmé que le régime syrien n’intervient pas contre les manifestations dans cette région car il a peur d’une confrontation avec les kurdes.

C’est pour cette raison que le régime a commencé à accorder la nationalité aux quelque 300 000 Kurdes syriens privés de papiers d'identité depuis des décennies, suite à la révolte éclatée mi-mars 2011. 

Ils ont leur propre projet : l’autonomie démocratique

Depuis lors, les kurdes refusent  de se ranger aux cotés de CNS formé à Istanbul sous la bannière du régime répressif turc et la ligne complice de l’Occident qui ne propose rien pour eux.

Les kurdes ont leur propre projet pour leur avenir : l’autonomie démocratique. Et pour la réalisation de ce projet, ils ont créé des comités dans chaque village, chaque ville et chaque quartier, ainsi que des conseils du peuple, de Qamishli à Alep.

Processus de construction de l’autonomie

« Des écoles ont été ouverts pour l’enseignement en kurde et des comités de défense légitimes ont été organisés par le peuple pour se défendre » a dit le dirigeant du PYD, affirmant que ce processus de construction se terminera jusqu'à la fête du Newroz, le 21 Mars, nouvel an kurde qui représente la renaissance et la résistance.

Les noms des villes redeviennent kurdes

Il a ajouté que « les kurdes changent aussi les noms des villages et des villes arabisés par le régime Baas », dans le cadre de la politique « Ceinture Arabe », mise en œuvre en 1962 et qui prévoyait expulser toute la population kurde de la région de Djazira (Cîzre en Kurde) le long de la frontière turque et de la remplacer par des Arabes.

Par ailleurs, tous les partis kurdes en Syrie ont signé un protocole d’accord en vue d’une union national de kurdes, à l’initiative du PYD.  « Nous sommes près à toutes les éventualités » avait souligné récemment ce parti.

Maxime Azadi



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